Saraphina La porte se referme sans bruit derrière moi. J’aime ce claquement sec : un petit verdict qui dit que, pour ce soir, j’ai gagné. La maison respire encore des bruits de la nuit, mais je m’en fiche. Ici, dans ma chambre, tout est à moi — l’obscurité choisie, le silence coupé au cordeau. Je m’asseois et j’ouvre une bouteille que j’avais gardée pour une célébration que je savais proche. Le vin coule, sombre et tranquille. Je le regarde, comme on jauge une pièce maîtresse. Le monde se plie si l’on sait appuyer où il faut. C’est un art. Je bois sans hâte, savourant la réussite froide de la journée. La capture du père d’Alia et de Bianca n’était pas une erreur : c’était une manœuvre. Il ne s’agit pas simplement d’un otage, c’est un levier. Un nom, un visage dans une case stratégique.

