Alia Le silence de cette chambre est un luxe que je ne sais pas comment apprivoiser. Pour d’autres, ce serait un refuge ; pour moi, c’est une cage de velours qui étouffe mes cris intérieurs. Je suis assise près de la fenêtre, observant l'immensité du domaine des Ricci, mais mes yeux ne voient que les ombres de mon passé. Ma solitude est une vieille compagne, la seule qui ne m’ait jamais trahie, mais ici, elle me pèse. Elle me rappelle que je suis une pièce rapportée, un fantôme que l’on tente de matérialiser dans un monde de soie et de sang. Le déclic de la serrure brise le fil de mes pensées. Je ne me tourne pas. Je n’ai pas besoin de voir pour savoir qui vient de franchir le seuil. L’air semble se raréfier, chargé de cette autorité naturelle et glaciale qui le suit partout. Adrian. —

