Alia Trois jours. Trois jours à compter les secondes sur les fissures d’un mur gris. Trois jours à parler seule, à murmurer mon prénom pour me rappeler que j’existe encore. Ici, le temps s’effrite comme ma raison. Une cellule, un matelas qui sent l’humidité, une ampoule qui vacille au plafond. Rien d’autre. Rien, sauf l’odeur du métal et du sang séché. Je ne sais pas où je suis. J’ai vaguement reconnu un accent italien quand ils parlaient derrière la porte. Des ordres, des rires étouffés. Parfois, des bruits de pas lourds qui s’arrêtent juste derrière le battant. Puis plus rien. Le silence qui s’étire, qui m’étouffe. Mon corps me fait mal, mes poignets brûlent à cause des liens. La plaie dans ma jambe s’est refermée à moitié. J’ai cessé d’avoir faim, mais la peur, elle, ne s’endort jam

