Alia Je ne sais plus depuis combien de temps je suis enfermée ici. Les jours se ressemblent, se superposent, s’écrasent les uns contre les autres comme des ombres sans forme. Mon corps n’est plus vraiment un corps… juste un poids lourd, douloureux, qui me retient au sol. J’ai froid. Puis j’ai chaud. Puis je tremble. J’ai l’impression que mes jambes ne m’appartiennent plus, que même si on ouvrait la porte, je ne saurais pas me lever. Ma respiration est lente, hésitante. Comme si mon propre corps ne savait plus s’il devait continuer ou s’arrêter. Je me surprends à penser à la vie. À ce qu’elle était avant… à ce qu’elle aurait pu être. Je pensais qu’un jour, je serais heureuse. Que je pourrais travailler, rire, tomber amoureuse, construire quelque chose qui me ressemble. Mais la vie

