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2225 Words
Kaelen Le couloir de l'hôpital s'étendait devant moi, froid et impersonnel, comme un long tunnel sans fin. Les murs, peints d'un blanc clinique, semblaient se refermer sur moi, amplifiant l'angoisse qui me rongeait depuis que j'avais reçu cet appel de mon cousin. Les mots résonnaient encore dans ma tête, comme un écho lugubre. Je me frayais un chemin à travers la foule, mon cœur battant à tout rompre. Chaque pas me rapprochait de l'inconnu, de cette réalité que je redoutais tant. Je cherchais désespérément mon cousin, espérant qu'il aurait des réponses, quelque chose qui pourrait apaiser la tempête qui faisait rage en moi. Mais à chaque visage que je croisais, je ne voyais que l'inquiétude, la douleur, et je me sentais de plus en plus perdu. Enfin, je le vis, assis sur une chaise avec Mia, le visage blême, les mains tremblantes. Je m'approchai de lui, le souffle court, et sans attendre, je l'interrogeai, ma voix trahissant mon désespoir. __ Qu'est-ce qui s'est passé ? Où est Elowen ? Il leva les yeux vers moi, et je vis la peur dans son regard. __ Kaelen... commença-t-il, sa voix à peine audible. Elowen est... elle est dans un sacré état. Ces mots me frappèrent comme un coup de poing. Mon cœur se serra, et je sentis une vague de panique m'envahir. __ Qu'est-ce que tu veux dire par "un sacré état"? demandai-je, la voix tremblante. Est-ce qu'elle va s'en sortir ? Mon cousin détourna le regard, et je vis ses mains se crisper sur ses genoux. __ Elle a eu un accident. C'était grave. Les médecins font tout ce qu'ils peuvent, mais... Il s'interrompit, comme s'il craignait de prononcer les mots qui pourraient briser ce qui restait de mon espoir. Je ne pouvais pas rester là, à attendre. Je voulais voir Elowen, lui parler, lui dire combien je l'aimais, lui dire que j'étais désolé. __ Où est-elle ? Je dois la voir ! m'écriai-je, l'angoisse me rendant presque hystérique. __ Kaelen, attends... tenta-t-il de me calmer, mais je ne pouvais pas l'écouter. Je me levai, prêt à courir vers les salles d'urgence, à braver tout ce qui se dresserait sur mon chemin. Je ne pouvais pas imaginer un monde sans elle, sans son sourire, sans sa voix douce qui me rassurait. __ Kaelen, s'il te plaît ! cria-t-il, me retenant par le bras. Les médecins disent qu'elle est dans un état critique. Je ne sais pas si... Sa voix se brisa, et je vis les larmes perler au coin de ses yeux. Je fermai les yeux un instant, essayant de rassembler mes pensées, de trouver un peu de force. __ Je dois la voir. Répétais-je, plus calmement cette fois. __ Le docteur nous a demandé d'attendre ici. Prononce pour la première fois Mia, les mains croisées sur sa poitrine. __ Hors de question ! Je ne resterai pas assis dans ce siège. J'ai besoin de savoir comment elle va. A ce moment un médecin sort de la salle des urgences et s'approche de nous. __ Vous êtes des proches de mademoiselle Santos ? __ Oui, je suis son petit ami. Kaelen Sombra. Le docteur prend une profonde inspiration avant de s'adresser à nous, son visage grave et ses yeux empreints de compassion. __ Monsieur Sombra, je suis désolé de vous annoncer cela, mais l'état de Mademoiselle Santos est très critique. Elle a été renversée par une voiture, et l'impact a été extrêmement v*****t. Nous avons constaté plusieurs fractures, des contusions internes, et elle est actuellement dans un coma profond. Nous faisons tout notre possible pour stabiliser ses fonctions vitales, mais la situation est très préoccupante. Il est difficile de dire ce qui va se passer dans les prochaines heures. Je vous conseille de vous préparer au pire. Les mots du docteur résonnent dans mon esprit comme un écho lugubre. Chaque syllabe semble s'enrouler autour de mon cœur, le serrant de plus en plus fort. La réalité de la situation me frappe avec une force dévastatrice. Elowen, ma p'tite fleur, est là, allongée sur un lit d'hôpital, vulnérable et souffrante. Je me sens comme un naufragé, perdu dans un océan de désespoir. La colère monte en moi, une colère sourde et brûlante. Comment cela a-t-il pu arriver ? Je sors brusquement, incapable de rester un instant de plus dans cette pièce où l'air est chargé de tristesse et d'incertitude. Je quitte l'hôpital, mes pas résonnant sur le sol froid, chaque pas me menant plus loin de la réalité que je ne veut pas affronter. L'histoire ne doit pas se répéter. Elowen ne doit pas s'en aller. Dehors, l'air est frais, mais je ne parviens pas à me sentir apaisé. Je sors une cigarette de son paquet, mes mains tremblantes trahissant mon agitation intérieure. Je l'allume, inhalant profondément, cherchant à noyer ma colère dans la fumée. Mais chaque bouffée ne fait qu'accentuer mon désespoir. Les images d'Elowen, souriante et pleine de vie, dansent devant mes yeux, et je me sens trahi par le monde qui continue de tourner alors que je suis figé dans cette tragédie. Je lève les yeux vers le ciel, les nuages sombres s'accumulant au-dessus de moi, comme un reflet de mon âme tourmentée. Les larmes menacent de couler, mais je les retiens, me battant contre cette vague d'émotions qui me submerge. La colère, la peur, la tristesse - tout cela se mélange en un tourbillon insupportable. Je me sens si impuissant, si désespérément seul. __ Pourquoi ? Murmurais-je la voix brisée. Pourquoi elle ? La question reste sans réponse, flottant dans l'air. Seigneur, je t'en supplie ne me l'enlève pas. J'ai besoin d'elle. Dis-je en laissant échapper mes larmes. Je sens une personne se rapprocher de moi et par l'odeur du parfum, je m'aperçois que ce n'est que Mia. __ Qu'est ce que tu veux ?! __ Tu sais, j'aurais juré que tu t'amusais avec elle. Mais maintenant je me rends compte qu'elle a fait ressortir, le Kaelen que personne ne voyait. Elle me regarde avec un sourire sincère avant de venir me prendre dans ses bras. J'étais surpris au début mais j'ai fini par m'habituer. Mia qui me fait un câlin ? C'est le monde à l'envers. __ Elle est forte... elle va s'en sortir. Me dit-elle en partant. Je jette ma cigarette et la rejoins dans l'hôpital. ****** Le docteur nous a enfin permis d'entrer dans sa chambre pour la voir. Mia a préféré ne pas entrer et Luca a fait de même. J'étais donc le plus courageux d'entre eux. Je pousse lentement la porte de la chambre, le cœur lourd et l'esprit en désordre. La lumière tamisée de la pièce contrastait avec l'angoisse qui m'étreignait. Elowen était là, allongée sur le lit, entourée de machines qui bipaient doucement, comme si elles essayaient de me rappeler qu'elle était encore en vie. Son visage, habituellement si expressif, était maintenant figé dans une sérénité troublante, presque irréelle. Je m'approche, mes pas hésitants résonnant sur le sol carrelé. Chaque pas me rapprochait de la réalité que je redoutais tant. Je me tenais là, immobile, observant les tubes qui luttaient pour maintenir ma p'tite fleur en vie. Une vague de culpabilité m'envahit. Les larmes me montèrent aux yeux. Je me sentais si impuissant, si petit face à cette tragédie. J'aurais voulu être là pour elle, la protéger, lui dire que j'étais désolé pour mes mots durs. Je m'approchais encore un peu, prenant la main d'Elowen dans la mienne. Sa peau était froide, je ferme les yeux, me concentrant sur le battement de mon propre cœur, espérant lui transmettre un peu de chaleur, un peu de vie. __ Je suis désolé, p'tite fleur. Murmurais-je, ma voix brisée par l'émotion. Je n'aurais jamais dû me fâcher. Je suis là, je te promets que je ne partirai pas. Inconnu __ Kaelen va payer pour ce qu'il m'a fait ! M'enfermer dans ce centre de fou n'a fait qu'accentuer ma haine. Il est loin d'être près du bonheur. __ Kaelen n'aura jamais le bonheur parce qu'il est à moi et à personne d'autre ! Renchérie Lila. __ Tu es sûr qu'elle ne se réveillera plus ? Demandais-je à ma fille. ___ Certaine maman ! Me répond elle en caressant son chat. __ J'irais à l'hôpital demain pour m'en assurer. Ajoutais je. __ Fais attention, maman. __ Personne ne me reconnaîtra. __ Dois je te rappeler que Kaelen a mis toutes les autorités à ta poursuite ? __ Je ferai attention. ***** Le soleil s'apprêtait à se lever quand j'arrivais devant la chambre de la bien aimée de mon fils. Je me suis faufilé dans les vestiaires et j'ai pris des vêtements d'infirmière pour me fait passer pour l'une d'elles. J'entre prudemment dans la chambre de ma victime. Elle est encore en vie ! m***e ! Le cœur battant, je m'approche du lit, le souffle court. La lumière du matin filtre à travers les rideaux, illuminant le visage paisible de la femme qui dort. Elle ne sait pas qu'elle est à quelques instants de la mort. Mon esprit tourbillonne, une frénésie meurtrière s'empare de moi. Je sors un scalpel de ma poche, l'acier brillant dans la lumière douce. Chaque pas vers elle est un mélange d'excitation. Je me penche, prête à frapper. Mais alors que je m'apprête à agir, un bruit de pas résonne dans le couloir. Mon cœur s'arrête. Le médecin. Je me fige, le scalpel à la main, le regard rivé sur la porte. Les pas se rapprochent, et je sais que je n'ai pas le temps de réfléchir. Je dois agir vite. Je me redresse, feignant l'innocence, le visage impassible. La porte s'ouvre lentement, et le médecin entre, un sourire professionnel sur les lèvres. __ Bonjour, madame. Demande-t-il, sans se douter de la tempête qui gronde derrière mon masque. Je me force à sourire, à jouer le rôle de l'infirmière dévouée. __ Tout va bien, docteur. Elle se repose. Il s'approche du lit, son attention détournée de moi. Je sens la rage bouillonner en moi, mais je sais que je dois rester calme. Une seconde de distraction, et tout pourrait être perdu. Je me tiens là, le scalpel caché derrière mon dos, attendant le moment propice. Le médecin commence à examiner la patiente, son regard concentré sur les machines qui bourdonnent autour d'elle. Je me mords la lèvre, l'angoisse et la frustration m'envahissent. Pourquoi ne peut-il pas se dépêcher ? Soudain, il se tourne vers moi, un sourcil levé. __ Vous êtes nouvelle ici, n'est-ce pas ? Je hoche la tête, feignant l'humilité. __ Oui, je viens de commencer. Il sourit, mais je vois une lueur de suspicion dans ses yeux. Mon cœur s'emballe. Je dois agir, mais comment ? Je ne peux pas laisser cette femme vivre. Le médecin se penche à nouveau sur la patiente, et je sens que le temps presse. __ Vous pouvez vous en allez. M'ordonne-t-il. Je vais ce qu'il demande. Je quitte l'hôpital en pars rejoindre Lila. Narratrice Le docteur suspectant quelque chose préviens la police et ordonne que la chambre de sa patiente soit bien gardée. Kaelen débarque dans l'hôpital après avoir reçu l'appel du médecin l'informant qu'une femme louche est entré dans la chambre de sa p'tite fleur. Il a sa petite idée mais il doute parce que se serait impossible pour sa mère de venir ici à moins qu'elle est quelqu'un qui l'aide dans ses bêtises. __ Nous avons renforcé la garde de la chambre de mademoiselle Santos. Il hoche la tête et demande au docteur de décris la femme habillée en infirmière qui est entré dans la chambre d'Elowen. __ Elle a environ cinquante ans, des cheveux roux qui tombent en boucles autour de son visage, et des yeux foncés, presque mystérieux. Kaelen écoute attentivement chaque mot, son cœur battant un peu plus vite à chaque détail. Lorsqu'il entend la description, une vague d'émotions le submerge. Il ne peut s'empêcher de réagir. __ C'est ma mère ! S'exclame-t-il, la voix tremblante. C'est elle, je le sais ! Le docteur, surpris par cette révélation, lève les sourcils. __ Votre mère ? __ Oui, elle est atteinte de troubles mentaux. Poursuit Kaelen, la colère dans sa voix. Elle a besoin d'aide. Il faut l'enfermer dans un asile. __ Vous êtes sûr de ce que vous insinuer ? __ Complètement sûr ! Elle s'est enfuie il y a quelques semaines de son hôpital psychiatrique. ***** Mia J'ai pris quelques jours de congé pour m'occuper d'Elowen. Il m'était insupportable de la savoir allongée dans un lit d'hôpital pendant que je me promenais tranquillement dans mon bureau. Ce matin, une visite chez Elowen était prévue. Avec le double de ses clés, j'ai pu entrer dans sa maison et me diriger vers sa chambre. Tout était impeccable, comme d'habitude. Elowen n'apprécie pas le désordre, mais elle n'est pas non plus obsédée par le ménage. J'ouvre son armoire et retire une robe qu'elle aime tant. Je ne le fais pas pour l'habiller, mais je pense que si elle entend que je lui ai apporté cette robe, cela pourrait lui apporter un peu de bien-être et l'inciter à se réveiller. Je décide également de lui prendre ses chaussures préférées. En les sortant je découvre des paquets entassés dans son armoire. Étrange. Je m'accroupis et les fais sortir un a un de l'armoire. J'ouvre un paquet....... ____________________________________________________________________________ Coucou ☺️ À la prochaine pour un prochain chapitre 🙂....
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