Mme De Figaret

486 Words
L'enterrement s'était tenu dans la sobriété, conformément aux dernières volontés de ma grand-mère. À présent, elle reposait dans le caveau familiale. À la suite de la cérémonie, aucun membre de la famille ne s'était rapproché de moi. Et même durant la cérémonie, j'étais seul. Ils étaient tous à gauche du caveau, et moi à sa droite, seul, et abandonné comme un paria. Aucun des Loyd, ou même un proche de la famille n'était resté à la maison après la lecture du testament, d'autant plus que ma grand-mère m'avait tout légué, sous la tutelle de Mme de Figaret. Seul, je m'étais retrouvé devant son tableau, au-dessus de la cheminée, me recueillant. Lui demandant force et conseille, mais aussi à mes parents, depuis l'au-delà dans lequel ils se trouvaient. La douleur qu'immisce en nous la perte d'un être cher ne saurait trouver une comparaison à une tierce expérience. Elle est sournoise, lancinante, répétitive, et dévorante. Elle plante en nous la peine, le désarroi et le questionnement. Vous vous perdez dans les limbes de vos souvenirs, qui sont pour vous à ce moment, une lame qui écorche votre cœur et vous laisse vous noyer dans un puits de tristesse. Et seul face à ma détresse, je ne faisais que me demander, ou plutôt demander au destin la raison de cette souffrance. Pourquoi moi ? Soudainement, le bruit de plusieurs véhicules sortit mon esprit de son gourd. Je ne fis guère plus de pas, la porte central s'ouvrit à une femme toute vêtue de rouge et à sa suite bon nombres de personnes. Le vestibule était inondé par des têtes. Elle portait une robe qui serait sa taille, et qui devenait ample au niveau de son bassin. Un chapeau en plume blanche ornait sa tête. Ses doigts, étaient couverts par de nombreux bijoux en or portant des pierres précieuses, tout comme les boucles et la chaîne qu'elle avait. Lorsqu'elle retira son chapeau qui cachait son visage, c'était un visage blanc chastement maquillé qui m'apparut. Elle avait de grands yeux, en forme d'amande, pourvus de cils, et des sourcils fournis, mais soigneusement taillés. Ses lèvres étaient fines, mais rehaussées d'une parure de lèvre discrète. Quant à ses cheveux, ils étaient soyeux, et rayonnants. Leurs couleurs brunes rendaient encore plus belle celle qui les avaient. — Bienvenu, je m'aventurai à dire. — Je vous prie de m'épargner vos formalités mon cher enfant. dit-elle en me regardant avec hauteur, et dédain. — Veillez m'excuser, mais nous ne devons pas nous connaître. Je suis Ethan Loyd, dis-je avec une courbette. Puis-je savoir à qui j'ai l'honneur ? — En plus d'être puéril, il est impertinent. déclara-t-elle en me dévisageant. J'aurais à faire. termina-t-elle en soupirant et en touchant l'arrête de son nez. Sachez jeune homme, dit-elle en pointant un regard froid et dur dans le mien, que dès aujourd'hui, c'est moi qui suis chargé de votre éducation. Je suis Mme de Figaret, votre Tutrice.
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