JOSTLE

581 Words
Meg_note : Si vous le pouvez écouter pray you catch me, de Beyoncé, en lisant ce chapitre. Le chapitre a été écrit avec elle. La lecture n'en sera que plus délectable. Mme De Figaret m'avait retiré tout honneur. Je dormais dans les quartiers réservés aux employés. Sur un lit des moins confortables. Partageant, quelques fois, mon espace avec des cafards et des rats. Cela avait été moins affligeant que je me l'imaginais, tout de même. Le droit de manger à ses côtés, je ne l'avais plus. Je devais me satisfaire des cuisines. Même de vêtements neufs, elle m'en avait privée. Je m'étais contenté, durant ces quatre années, de ceux que me rafistolait Sarah. Des haillons. Les seules fois où j'avais le droit de m'asseoir dans le salon principal, ou de porter des vêtements chèrement payés par elle, c'était lorsque le notaire me rendait visite. J'avais renoncé à lui dire toute vérité, car cette mégère m'avait prévenu que toute action vaudrait une sanction, non par sur ma personne, mais sur celle de Sarah. Concernant cette louable femme, le temps avait eu raison de sa force et de son endurance. Son mal de dos s'était vu accroître avec les années. Et pour soulager ses peines, je m'occupais autant de ses tâches que des miennes. Et le peu de salaire qui tombait entre les mains de Sarah, servait à l'achat de ses crèmes en vue de soulager son mal. La vie, dans cet enfer, avait un côte quelque agréable. Sarah et moi apprécions nos échanges sur le passé, les anecdotes nées de sa compagnie auprès de ma feue grand-mère. Même si ma marâtre m'avait interdit d'aller me recueillir sur sa tombe, je profitais des jours où j'allais à l'école pour y faire un détour. Dans la moiteur de la nuit, la facilité de la solitude, j'avais goûté au plaisir de la chair, avec une des domestiques, Eloise. Mais l'expérience avait été très peu réitérée. Le poids du travail étant trop important pour s'adonner à de telles lubricités constamment. Aujourd'hui, je devais comme chaque jour laver du linge. Et comme à mon habitude, je n'avais guère mangé. Ma part, je l'avais donné à Sarah, car ce que nous permettait de manger Dame De Figaret, était peu pour un seul Homme. La soupe du soir sera suffisante pour moi. Des oignons bouillis dans de l'eau avec de la tomate, et du pain de la veille. Alors que je descendais les étages avec du linge sale que j'avais oublié de récupérer, ma tête heurta une poitrine, une poitrine d'homme. Le choc était tel que je m'étais retrouvé sur le sol. — Veuillez m'excuser, dit-il en m'aidant à me relever. C'était l'invité de ma tutrice, arrivé tard dans la nuit, un homme grand de taille, aux épaules larges, et à la musculature développée sous le trois pièces bleu qui lui donnait une allure fière. Il avait la mâchoire carré, la peau blanche, et une légère moustache surplombant son menton vierge. Ses cheveux étaient noirs de jais. Et quant à ses yeux gris, ils semblaient renfermer quelque chose de mystérieux, d'insaisissable. — C'est plutôt à moi de m'excuser pour mon inattention Monsieur. déclare-je avec une courbette. Par la suite, je me hâtai de ramasser le linge éparpillé à même le marbre. — Laissez-moi vous aider, exprima-t-il en se baissant. Je me pressai pour l'en empêcher. Un si distingué invité de ma marâtre, m'aidant à ramasser du linge. Ce serait la guillotine pour ma part, si elle venait à l'apprendre.
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