Je ne suis pas certaine que cela me rassurait. C'était quelque chose de tellement intime... mais en même temps, il avait vu mes cicatrices, il connaissait chaqu'un de mes secrets, et malgré tout cela, il était resté près de moi.
Alexander : Et je vais rester jusqu'à la fin de notre vie. Tu es ma compagne, ma Luna, mon tout.
Nous sommes allées au restaurant et je ne pouvais m’empêcher de me sentir nerveuse. J’étais entouré de tellement de gens. Mais une part de moi, à cause du lien avec Alexander, ou plutôt, grâce à sa marque sur moi, une part en moi se sentait en sécurité. Nous avons été conduits à une table et Alexander tira une chaise pour me permettre de m’asseoir. La serveuse, une jeune femme toute souriante me remit ce qu’elle appela un menu. J’ai regardé le document, mais pour moi, c’était incompréhensible, que des symboles abstraits. Je n’avais jamais eu la chance d’apprendre à lire, encore moins à écrire. Je ne connaissais rien.
J’avais grandi dans un cachot, comme une criminelle. Puis, Alpha Thompson avait pris le pouvoir de son père et était venu me sortir de ma prison. J’avais cru mes malheurs terminés, mais je m’étais tellement trompé. Au début, pour que je ne m’enfuie pas, il m’avait mis des chaînes en argent aux pieds, m’empêchant presque de marcher. Je me rappelle encore l’odeur de chair brûlée et l’intense sensation de brûlure que j’avais ressenti au contact de ses chaînes. Chaque pas me faisait souffrir et les membres du pack, ils avaient commencé à me faire tomber par exprès. Lorsque j’étais au sol, ils s’amusaient à me donner des coups de pied au ventre ou dans le dos. Certains m’avaient craché dessus, m’avaient vidé des assiettes ou des verres dessus. Tout ce qu’ils pouvaient faire pour m’humilier davantage.
Mais à chaque fois que je tombais, Alpha Thompson me faisait emmener dans sa salle spéciale. J’étais attaché et dénudé la majorité du temps et là, l’enfer commençait pour moi. Il avait un long fouet en argent qu’il utilisait pour me fouetter. Je sentais encore la morsure des lanières d’argent mordre la peau tendre de mon corps. Je hurlais de douleur à chaque coup qu’il me donnait.
Parfois, il utilisait ses poings et frappait mon corps meurtri. À chaque fois, il me disait que si je lui donnais ce qu’il voulait, il arrêterait de me frapper, mais je ne le croyais pas, je sentais au fond de moi que ce n’était que des mensonges. Comme je refusais, malgré tout ce qu’il me faisait, il avait commencé à m’affamer. Il me privait de nourriture, m’obligeant à servir les repas, en sentir l’odeur alléchante alors que je n’avais pas le droit de manger. C’était une pure torture. Je devenais de plus en plus faible et la meute m’humiliait de plus en plus. Certain allait même jusqu’à m’uriner dessus.
J’ai senti la main d’Alexander presser la mienne et j’ai levé les yeux vers lui. Son regard était tourmenté de colère et je me suis senti tremblé de peur d’être la cible d’une telle colère. Il inspira profondément et m’attira sur ses jambes, collant son nez contre mon cou et inspirant mon odeur. Je ne comprenais plus rien. Pourquoi était-il en colère contre moi et pourquoi me respirait-il ainsi, comme si j’étais une sorte de drogue. Il gloussa contre mon cou.
Alexander : Je ne suis pas en colère contre toi ma Luna… j’ai seulement vu ce que tu te rappelais… c’est cela qui m’a mis en colère ma chérie… et oui, ton odeur est comme une drogue pour moi, elle m’aide à me calmer.
Il me reposa sur ma chaise à côté de lui et tira la chaise contre lui sous le regard amusé de mon père. Il glissa son bras autour de mon épaule et discrètement, commença à m’expliquer le menu.
Evangeline : Je ne sais pas quoi choisir… Il y a tellement de choix…
Il m’embrassa doucement sur la joue et j’ai appuyé ma tête contre lui.
Alexander : Si tu veux, je choisis pour toi…
Drake : On peut aussi prendre une grande pizza avec des frites et des rondelles d’oignons…
Alexander : En as-tu déjà goûter ma Luna?
Je l’ai regardé, les larmes aux yeux en lui faisant signe que non. En vrai, je ne savais même pas ce qu’était une pizza. Il soupira doucement et regarda le menu à nouveau.
Alexaner : Je sais… commandons une grande pizza avec toutes les garnitures, un baril de poulet frit, de la salade de chou… et des bâtonnets de fromage en entrée. De cette façon ma Luna, tu vas pouvoir goûter un peu à tout et choisir ce que tu aimes…
Mon père me regardait avec insistance, essayant de comprendre ce qu’il se passait. J’ai soupiré doucement en le regardant, ne sachant pas par où commencer. Alexander pressa ma main dans la sienne en signe de soutiens.
Alexander : Dada, ta fille, ma Luna… elle n’a eu que peu de choix dans sa vie… pour elle… même ce qui peut paraitre simple pour nous, comme lire est menu, c’est impossible… Elle n’a goûté que peu de chose dans sa vie… tout est nouveau pour elle.
Mon père me regarda avec tristesse et désarroi et j’ai baissé les yeux, honteuse de ma vie passée. Alexander me serra contre son flan et m’embrassa tendrement sur le front.
Alexander : Tu n’as pas à avoir honte ma Luna. Tu n’es pas responsable de ton passé. Mais si tu le veux, nous allons engager un précepteur une fois rendu au royaume et il pourra t’enseigner tout ce que tu n’as jamais eu la chance d’apprendre à l’école… mais c’est seulement si tu le veux d’accord?
Je l’ai regardé à travers un brouillard de larmes.
Evangeline : Ce ne sera pas une honte pour toi que ta Luna ne sache pas lire, écrire, ne connaisse rien de l’histoire, des chiffres… que ta Luna ne connaissent rien du tout et que tu doives la faire éduquer? Que vont dire les gens du royaume? Que vont-ils penser de toi… de moi? Je suis ta Luna, mais je ne connais rien…
Drake : Ma princesse… je ne suis peut-être pas le meilleur professeur qui soit, mais j’ai une suggestion à te faire… il va être normal pour les loups du royaume de voir un père passer du temps avec sa fille retrouvé, alors, et si je t’apprenais à lire, à écrire, à compter… l’histoire des loups et des royaumes… de cette façon, nous pourrions apprendre à nous connaitre en même temps… je pourrais aussi te parler de ta mère…
J’ai regardé Alexander afin de savoir ce qu’il en pensait. Il me sourit doucement en dévorant mon visage des yeux.
Alexander : Je veux être certain que tu comprends bien une chose mon Ange, pour moi, tu es parfaite, comme tu es. Tout ce que je veux, c’est que tu sois heureuse, rien n’est plus important pour moi que ton bonheur. Si tu veux un précepteur, alors, j’en engagerai un. Si tu veux que ce soit ton père, alors ce sera ton père et si tu décides de rester comme tu es, c’est parfait aussi. Tu es ma Luna, mon âme sœur, la personne que la Déesse a créée pour moi.