Aïcha savait que rester immobile était aussi une décision.
Mais cette fois, elle refusa de laisser le temps choisir à sa place.
Le matin était calme.
Trop calme, presque.
Elle préparait le petit-déjeuner de son enfant, les gestes lents, l’esprit ailleurs.
Dans sa tête, deux chemins se dessinaient clairement.
Le premier était connu.
Rester dans le confortable familier, même s’il faisait mal.
Répondre aux anciennes habitudes.
Se contenter de ce qu’on lui offrait à moitié.
Le second était flou.
Incertain.
Mais honnête.
Elle repensa à ce qu’elle avait écrit la veille.
À cette phrase qui l’avait touchée plus qu’elle ne l’aurait cru :
Je n’étais pas trop. J’étais juste au mauvais endroit.
Alors Aïcha prit une décision simple, mais ferme.
Elle supprima le fil de discussion du passé.
Pas par colère.
Par respect pour la femme qu’elle devenait.
Ce geste n’effaçait rien.
Mais il empêchait la blessure de se rouvrir.
Ce jour-là, elle fit aussi autre chose.
Elle accepta de revoir cette nouvelle personne.
Pas par besoin.
Par curiosité saine.
Elle se promit une seule chose :
ne plus avancer là où elle devait se diminuer.
Le choix n’était pas spectaculaire.
Personne n’applaudissait.
Mais à l’intérieur, quelque chose s’alignait.
Aïcha sourit, doucement.
Elle n’avait pas tout compris de la vie.
Mais elle venait de comprendre l’essentiel :
se choisir n’est pas égoïste.
C’est vital.