V. L’HÔTEL AUTHEMAN Ceux qui l’ont vu il y a dix ans, du vivant de la vieille mère, auraient peine à reconnaître l’hôtel des célèbres banquiers, un des plus anciens, des plus beaux qui soient restés dans le Marais, dressant au coin de la rue Pavée sa tourelle en moucharabie, ses hautes murailles vermiculées, ses fenêtres inégales, coiffées de frontons, de chapiteaux, avec des guirlandes autour des lucarnes sur les grands toits. À cette époque, il avait, comme ces demeures princières transformées en maisons de commerce, une physionomie vivante, industrielle, et sous son vaste porche un continuel va-et-vient de fourgons, traversant la cour immense, faisant le service entre la maison de Paris et les affineries de Petit-Port. Au fond, sur le large perron en pierre, se tenait le frère de madam

