12Peu après, Jean-Baptiste quitta le commissariat pour rentrer chez lui. Même si la vie coûtait plus cher à Paris, et malgré le bruit et la pollution, il préférait cent fois habiter là plutôt qu’en banlieue, arpenter les rues de la ville en célibataire désœuvré plutôt que recevoir des amis le dimanche en famille autour d’un barbecue. Un fameux décalage, croissant avec l’âge. Ça n’avait pas beaucoup changé depuis l’adolescence : toujours la hantise de la normalité et, pour un flic, c’était un peu bizarre. Il s’arrêta aux Halles, histoire de se balader un peu et d’aller boire un coup avant de rentrer dans sa piaule vide. Il aimait bien de temps en temps remonter la rue Saint-Denis, profiter de la présence des prostituées, sortes de vigies maternelles et patronnes du quartier en guêpières et

