XI LE CIMETIÈRE DE LA BASTILLELes derniers feux du soleil couchant empourpraient l'horizon, lorsque Cosimo et Olivier, tous deux armés jusqu'aux dents, dépassèrent les remparts ténébreux de la Bastille, se dirigeant vers l'humble cimetière où on enterrait alors les prisonniers morts dans la forteresse royale. Le champ de repos où le terrible arbitraire du roi de France cachait ses victimes, parfois après les avoir hideusement défigurées, pour que la tombe, comme la prison, gardât un éternel secret, était situé dans un recoin complètement désert, bien que fort voisin de la porte Saint-Antoine, à droite de la grande route qui conduisait au château de Vincennes. Dès le matin de ce jour, après une nuit enfiévrée des rêves les plus atroces, suffisamment expliqués par la lettre si étrange du

