VI Dans la Montagne des Longues-Oreilles, c’était maintenant un roulement confus, parfois sourd et plaintif, parfois aigu et haletant, auquel, de temps à autre, répondait du dehors un hurlement du braillard domestique ou le tonnerre du fusil de l’homme. Les Longues-Oreilles, affolés, couraient comme des furieux au hasard des corridors, se heurtant l’un à l’autre, s’assommant de coups de tête, se mordant pour fuir plus vite, revenant sur leurs pas, piétinant sur place, ne sachant plus au juste où était leur assassin, dont l’odeur empestée emplissait tous les couloirs, planait dans tous les carrefours, rampait dans tous les terriers. Le tonnerre empoisonné roulait au dehors à l’entrée des portes de terre ; ils savaient que là aussi un danger terrible les menaçait, et ils refluaient tous v

