VI Quand le soleil à l’Occident commença de baisser, enflammant dans le lointain les vitres des maisons du village, les noirs veilleurs quittèrent définitivement ce lieu sinistre et gagnèrent vite eux aussi le grand chêne où Tiécelin l’aïeul était venu reposer sa défaite et ruminer sa vengeance. Ils trouvèrent le vieux routier des airs posé sur sa branche morte, l’œil mi-clos, comme abasourdi de souffrance, les plumes agitées de frissons, les ongles crispés, calculant quand même et froidement son plan d’attaque et insensible à la faim. Bientôt, comme un rayon tiède rasait la cime de l’arbre, tous rappliquèrent au « coua » poussé par l’un d’eux, invisible dans un coin de bois, et dont le cri fut répété de futaie en futaie comme un commandement fidèlement transmis. Guidés par le vieux, il

