VIII Avant que le fifre du merle de la combe eût proclamé le réveil aux frontières de sa futaie, tous les corbeaux étaient réveillés et les quatre groupes, qui n’avaient dormi qu’à moitié, communiquaient déjà entre eux par des estafettes ailées rasant le faîte sombre de la forêt de leur flèche plus sombre encore. Tiécelin passa en revue ses guerriers, puis se posta au sommet du grand chêne, attendant, pour donner le signal du branle-bas, les premières blancheurs de l’aube à l’Orient. C’était un jour morne d’automne. Il avait plu les jours précédents, mais la veille une soleillée joyeuse et de bon présage, empourprant l’Occident, avait essuyé les branches et séché comme des langes usés les dernières feuilles caduques. Malheureusement, pendant la nuit, d’épais brouillards s’étaient exhal

