V

1661 Words

VLa petite propriété de la Meulière, située en Vendée, avait appartenu à un vieil oncle de mon père, M. de Sauriages, qui fut mon parrain. À sa mort, il me la légua. Jamais je n’avais pensé qu’elle pût un jour devenir mon seul refuge. Et, en cette journée de janvier, tandis que le train m’amenait au but, je sentais un peu d’appréhension m’envahir au moment d’arriver dans cet inconnu. Le temps était gris, mélancolique. Des brumes voilaient les lointains et gagnaient lentement les premiers plans. L’atmosphère n’avait rien de réconfortant, non plus que les mines renfrognées de mes compagnes de voyage, deux dames d’un certain âge – deux sœurs, je crois, qui, dès qu’elles cessaient de somnoler, s’adressaient des reproches complètement dénués d’aménité, au sujet d’une certaine servante que l’un

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