CHAPITRE XXX Égaré, perdu, je parcours d’un pas lent et faible ces déserts solitaires dont les bornes semblent reculer à mesure que j’avance. GOLDSMITH. Le Voyageur. La nuit était froide et obscure, lorsque Frances Wharton, le cœur ému, mais d’un pas léger, traversa le petit jardin derrière la ferme qui avait servi de prison à son frère, et se dirigea vers la montagne sur laquelle elle avait vu l’individu qu’elle croyait être le colporteur. Il était encore de bonne heure ; mais l’obscurité et le froid piquant d’une soirée de novembre l’auraient déterminée à retourner sur ses pas avec terreur dans toute autre circonstance, si elle n’eût pas été soutenue par de si puissants motifs. Sans s’arrêter pour réfléchir, elle courut avec une vitesse qui semblait braver tous les obstacles, sans se

