Chapitre 4 : La Cage d'Or et le Retour du Bâton

987 Words
Chapitre 4 : La Cage d'Or et le Retour du Bâton Point de vue de Léna Le trajet s'était fait dans un silence pesant. Léna, assise sur le cuir immaculé de la limousine, n'osait pas bouger. Elle se sentait sale, ses mains farinées tachant par mégarde l'accoudoir. Gabriel, lui, passait des appels, gérant des millions d'euros avec une froideur déconcertante, tout en gardant une main posée fermement sur celle de Léna, comme pour l'empêcher de s'évaporer. Lorsqu'ils arrivèrent au domaine Sinclair, Léna eut le souffle coupé. Ce n'était pas une maison, c'était un château de verre et de pierre blanche niché sur les hauteurs. Des domestiques en livrée attendaient devant le perron. — « Bienvenue chez toi, » dit Gabriel en l'aidant à descendre. Léna se figea. Une femme d'un certain âge, vêtue d'un tailleur strict, l'observait avec un dédain à peine voilé. Léna entendit un murmure entre deux servantes : « C'est donc elle ? La fille du bar ? Elle ne ressemble à rien... » La honte l'irradia. Elle retira sa main de celle de Gabriel. — « Tu vois ? » chuchota-t-elle, la voix tremblante. « Ils voient tous la même chose : une intruse. Une fille qui a "réussi son coup" en tombant enceinte. Je ne pourrai jamais vivre ici, Gabriel. Chaque regard est une insulte. » Point de vue de Gabriel Gabriel sentit la détresse de Léna, et une rage sourde monta en lui. Il se tourna vers son personnel, son regard gris devenant aussi tranchant qu'une lame. — « Écoutez-moi bien, » lança-t-il, sa voix résonnant dans le hall immense. « Cette femme est ma fiancée. Si j'entends un seul murmure, si je vois un seul regard de travers, vous serez à la rue avant le coucher du soleil. Est-ce clair ? » Un silence de mort s'installa. Il se tourna vers Léna, adoucissant son ton. — « Tu n'es pas une intruse. Tu es la reine de cet endroit. Mais avant de prendre tes quartiers, j'ai cru comprendre que tu avais des comptes à régler. Mes hommes ont localisé Marc et Chloé. Ils sont dans un restaurant chic du centre-ville... avec l'argent qu'ils t'ont volé. Tu veux leur montrer qui tu es devenue ? » Léna redressa les épaules. La douleur était toujours là, mais l'envie de justice était plus forte. — « Oui. Je veux qu'ils voient. » La Confrontation : Le Choc des Réalités Marc et Chloé riaient grassement à la terrasse d'un café branché. Marc portait une veste de marque — achetée avec les dernières économies de Léna — et Chloé arborait un sac de luxe. Ils fêtaient "leur nouvelle vie" débarrassée de "la mule". Soudain, le vrombissement d'un convoi de luxe fit taire les conversations aux alentours. Une berline blindée s'arrêta. Un garde du corps en ouvrit la portière. Léna en sortit. Gabriel avait insisté pour qu'elle change de vêtements : elle portait une robe en soie crème qui épousait ses formes naissantes et des bijoux d'une valeur inestimable. Elle avançait avec une élégance qu'elle ne soupçonnait pas, Gabriel marchant à ses côtés, une main protectrice sur sa taille. Marc manqua de s'étouffer avec son vin. Chloé devint livide. — « Léna ? » bégaya Marc en se levant. « Qu'est-ce que... c'est quoi ce cirque ? Tu as volé ces vêtements ? » Chloé tenta un rire nerveux. — « Regardez-la, elle essaie de faire la grande dame. Tu as trouvé un vieux riche pour te payer ton costume de théâtre, Léna ? » Gabriel fit un pas en avant, sa seule présence faisant reculer Marc. — « Je vous déconseille de continuer sur ce ton, » dit Gabriel d'une voix glaciale. « Je suis Gabriel Sinclair. Et vous êtes en train d'insulter la mère de mon héritier. » Le nom de Sinclair tomba comme un couperet. Marc devint blanc comme un linge. Il connaissait Sinclair ; c'était l'homme dont il avait désespérément essayé d'obtenir un rendez-vous pour sa start-up bidon, sans jamais passer le barrage des secrétaires. — « Sinclair ? » murmura Marc, les yeux écarquillés. « Léna... mon amour... je... il y a eu un malentendu. On plaisantait l'autre soir ! » Léna s'approcha de la table. Elle regarda Marc avec une pitié profonde, puis se tourna vers Chloé qui n'osait plus croiser son regard. — « Vous m'avez traitée de fardeau. Vous avez ri de ma fatigue, de mes mains abîmées par le travail que je faisais pour vous nourrir, » dit-elle avec une calme puissance. « Aujourd'hui, je ne suis plus celle qui vous aide. Je suis celle qui vous oublie. » Elle se tourna vers Gabriel. — « On peut y retourner ? L'air est irrespirable ici. » Alors qu'ils s'éloignaient, Marc tenta de courir après eux : — « Léna ! Attends ! On peut discuter pour mon projet ! Gabriel, Monsieur Sinclair ! » Les gardes du corps le repoussèrent sans ménagement. Marc resta là, sur le trottoir, réalisant qu'il venait de perdre la seule personne qui l'aimait vraiment, en même temps qu'il venait de se faire l'ennemi de l'homme le plus puissant du pays. Le Retour au Manoir De retour dans la voiture, l'adrénaline de Léna retomba. Elle regarda ses mains parées de diamants. — « Ils vont dire que je suis avec toi pour l'argent, Gabriel. Les journaux, tes amis... tout le monde va me traîner dans la boue. » Gabriel prit son visage entre ses mains. — « Le monde entier peut parler, Léna. Mais personne ne sait ce qu'on a ressenti cette nuit-là. Personne ne sait quel courage il t'a fallu pour survivre. Je ne t'épouse pas par obligation. Je t'épouse parce que tu es la seule personne réelle dans mon monde de faux-semblants. » Léna ferma les yeux, une larme coulant sur sa joue. Elle avait encore peur des préjugés, mais pour la première fois, elle n'était plus seule pour les affronter.
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