Chapitre 16 : Le Gala de Fer et de Sang

1032 Words
Chapitre 16 : Le Gala de Fer et de Sang Point de vue de Léna Le miroir me renvoyait l'image d'une guerrière. Ma robe, une création de haute couture en velours cramoisi, épousait mon ventre de huit mois avec une majesté presque intimidante. Éléonore avait insisté pour que je porte le diadème de la famille, une pluie de rubis et de diamants. — « Tu n'es pas seulement mon épouse, Léna, » murmura Gabriel en ajustant mon collier derrière mon cou. « Tu es le cœur de cette dynastie. » Pourtant, malgré mon apparence royale, je sentais une pression sourde au bas de mon dos. Une gêne que je m'efforçais d'ignorer. Le stress des derniers jours, sans doute. Je ne pouvais pas faiblir ce soir. Pas devant Arthur Sterling. Pas devant le monde entier. Point de vue de Gabriel La salle de bal du Ritz était remplie de l'élite financière. Mais sous les sourires de façade, je sentais le venin. Sterling circulait parmi les actionnaires, un air de triomphe déjà gravé sur son visage de traître. Le moment du vote de défiance approchait. Je montai sur l'estrade pour mon discours annuel, Léna assise au premier rang, rayonnante. — « Messieurs les membres du conseil, » commençai-je d'une voix d'acier, « nous sommes ici pour célébrer la fondation, mais certains d'entre vous préfèrent parler de trahison. » Soudain, la porte au fond de la salle s'ouvrit avec fracas. Marc Lefebvre entra, soutenu par la sécurité de Sterling qui le laissa passer. Il tenait un dossier rouge. — « Arrêtez tout ! » hurla Marc, la voix chevrotante de haine. « Cette femme, Léna Martin, est une menteuse ! Elle n'est pas l'icône de vertu que vous croyez. J'ai ici les preuves qu'elle a simulé sa situation pour séduire Monsieur Sinclair, avec la complicité de certains employés ! » Un murmure de choc parcourut la salle. Les flashs des photographes crépitèrent. Marc s'approcha de Léna, pointant un doigt accusateur vers elle. — « Regardez-la ! Elle porte vos bijoux, mais elle n'est qu'une... » Point de vue de Léna La douleur fut si brutale que je manquai de m'effondrer. Ce n'était plus une gêne. C'était un déchirement. Une onde de choc partit de mon bassin et irradia tout mon corps. Je sentis un liquide chaud couler le long de mes jambes, tachant la soie de ma robe. — « Gabriel... » murmurai-je, ma voix brisée par une contraction d'une intensité inouïe. Gabriel sauta de l'estrade, ignorant Marc et Sterling. Il fut à mes côtés en une seconde, me rattrapant avant que je ne touche le sol. — « Léna ! Qu'est-ce qui se passe ? » — « Les eaux... Gabriel, le bébé... il arrive. Maintenant. » La Fureur de Gabriel Le chaos s'installa. Sterling s'avança, tentant de reprendre le contrôle. — « Gabriel, ne fuis pas tes responsabilités ! Nous devons régler cette affaire de fraude ! » Gabriel se redressa, portant Léna dans ses bras contre son torse. Son regard était celui d'un homme prêt à tuer. — « Écoute-moi bien, Sterling, » rugit-il, sa voix dominant les cris de Marc. « Mon fils est en train de naître. Si un seul d'entre vous essaie de nous barrer la route, je vous détruis tous avant demain matin. Marcus ! » Marcus et quatre gardes du corps formèrent un rempart humain autour de nous, repoussant les journalistes et les actionnaires. Gabriel se tourna vers Marc, qui restait pétrifié. — « Quant à toi, Marc... Tu as choisi le mauvais soir pour ton dernier acte. Marcus, emmène-le. Je m'occuperai de lui quand mon héritier sera là. » La Course contre la Montre Le trajet vers la maternité privée fut un cauchemar de sirènes et de douleur. Dans la limousine, Léna broyait ma main à chaque contraction. Sa peau était livide, couverte de sueur. — « C'est trop tôt, Gabriel... il n'est qu'à huit mois... » gémissait-elle entre deux souffles. — « Il est un Sinclair, Léna. Il est fort. Tu es forte. Respire avec moi. » Je ne m'étais jamais senti aussi impuissant. Moi, l'homme qui contrôlait des marchés mondiaux, je ne pouvais pas arrêter la douleur de ma femme. Je ne pouvais qu'être là, témoin de son agonie et de son courage. Arrivés à l'hôpital, le personnel médical nous attendait. Léna fut emmenée d'urgence vers le bloc. Au moment où les portes se refermaient, elle attrapa mon col. — « Gabriel... promets-moi... quoi qu'il arrive... protège-le. » — « Je vous protège tous les deux, Léna. Toujours. » Point de vue de Gabriel (L'attente) Deux heures passèrent. Le silence de l'hôpital était insupportable. Mon père, Arthur, arriva, posant une main sur mon épaule. — « Elle va s'en sortir, mon fils. Elle a survécu à la rue, elle survivra à cela. » Mon téléphone vibra. Un message de Marcus : « Sterling a été arrêté. On a trouvé les preuves des détournements que tu cherchais dans son coffre pendant qu'il était au gala. Marc Lefebvre est en garde à vue. L'empire est sécurisé. » Je ne ressentis aucune joie. L'argent, le pouvoir, la victoire sur Sterling... tout cela ne valait rien si la salle de réveil restait silencieuse. Soudain, un cri perça le silence du couloir. Un cri aigu, vigoureux, plein de vie. Une infirmière sortit, un sourire fatigué sur le visage. — « Monsieur Sinclair ? Félicitations. C'est un garçon. Il est un peu petit, mais il a des poumons incroyables. » — « Et ma femme ? » demandai-je, le souffle court. — « Elle est épuisée, mais elle va bien. Elle vous attend. » J'entrai dans la chambre. Léna était pâle, presque transparente sur les draps blancs, mais elle tenait un petit paquet emmailloté contre elle. Elle leva les yeux vers moi, et j'y vis une paix que je n'avais jamais vue auparavant. — « Regarde, Gabriel, » chuchota-t-elle. « Voici ton fils. Voici la fin de notre guerre. » Je m'approchai et posai un b****r sur le front de Léna, puis sur la petite main de mon fils. Marc, Sterling, la pauvreté, les secrets... tout cela appartenait au passé. Le futur venait de naître, et il s'appelait Alexander Sinclair.
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