Chapitre 15 : Le Calme et la Tempête

1020 Words
Chapitre 15 : Le Calme et la Tempête Point de vue de Léna Le jaune tournesol inondait enfin la nurserie. J’étais assise dans le grand fauteuil à bascule en velours blanc, observant les derniers détails : les peluches en cachemire, le berceau sculpté à la main, et les peintures murales représentant un jardin imaginaire. C’était la pièce la plus paisible du manoir, mon sanctuaire. En posant ma main sur mon ventre, qui semblait désormais peser des tonnes, je sentais une plénitude que rien ne semblait pouvoir briser. Gabriel entra doucement, déposant un b****r sur mon front. Il semblait fatigué, ses traits tirés par de longues heures passées au bureau, mais son regard s'illuminait dès qu'il entrait dans cette pièce. — « Il est enfin là, le petit paradis que tu voulais, » murmura-t-il en s'agenouillant à mes côtés. — « C’est plus qu’une chambre, Gabriel. C’est la preuve que tout ce cauchemar est derrière nous. » Pourtant, je voyais bien que son téléphone ne cessait de vibrer dans sa poche. Il essayait de me protéger, comme toujours, mais l'instinct de survie que j'avais développé dans la rue me criait que quelque chose n'allait pas. La restitution des terres à la famille d'immigrés, bien que saluée par le public, avait créé un séisme au sein du conseil d'administration de Sinclair Holdings. Les actionnaires n'aimaient pas que l'on donne des actifs par "principe moral". — « Gabriel, qu'est-ce que tu ne me dis pas ? » demandai-je en lui prenant la main. Il soupira, sachant qu'il ne pouvait plus me mentir. — « Certains membres du conseil, menés par Arthur Sterling, mon propre parrain, pensent que je suis devenu... instable. Ils disent que ton influence me rend trop sentimental pour diriger un empire. Ils préparent un vote de défiance pour me retirer la présidence. » Point de vue de Gabriel Je bouillonnais intérieurement. Arthur Sterling était l'homme en qui j'avais le plus confiance après mon père, mais l'appât du gain l'avait emporté sur la loyauté. Il utilisait Léna comme argument : selon lui, une "femme issue du peuple" n'avait pas les codes pour conseiller un grand patron et risquait de dilapider la fortune familiale en œuvres caritatives. — « Ils veulent me destituer la semaine prochaine, au cours du grand gala annuel de la fondation, » expliquai-je. « Ils pensent que je serai trop occupé par ta fin de grossesse pour me battre. » Léna se leva avec difficulté, mais avec une dignité qui me laissa sans voix. — « Ils pensent que je suis ta faiblesse, Gabriel ? » dit-elle, ses yeux étincelants d'une colère froide. « Montrons-leur que je suis ta force. Je serai à ce gala. Je serai à tes côtés. Et nous allons leur rappeler qui possède réellement ce nom. » La Trahison dans l'Ombre Pendant ce temps, dans un club privé au centre de la ville, Arthur Sterling rencontrait un homme que je croyais avoir banni à jamais : Marc Lefebvre. Marc, bien que ruiné, possédait encore une chose : sa rancœur. — « Je ne veux pas d'argent pour l'instant, Monsieur Sterling, » disait Marc, une lueur de folie dans les yeux. « Je veux juste être celui qui apportera la preuve que Léna Sinclair n'est qu'une fraude. Si vous me garantissez une place dans la nouvelle direction, je vous donnerai de quoi faire exploser ce gala. » Sterling sourit, lissant sa moustache grise. — « Sinclair croit avoir effacé toutes les traces de votre passé commun. Mais le public adore voir les idoles tomber de leur piédestal. Préparez vos documents, Lefebvre. Le soir du gala, nous allons couper les ailes de ce couple trop parfait. » La Nuit de la Décision De retour au manoir, Léna et moi ne dormions pas. Nous étions dans notre lit, mais l'air était lourd. Elle s'était blottie contre moi, et je sentais le bébé donner des coups réguliers, comme s'il participait à notre conversation silencieuse. — « S'ils réussissent, Gabriel... s'ils te prennent l'entreprise ? » — « On aura toujours ce qui compte, » répondis-je en serrant sa main. « Mais je ne les laisserai pas gagner. Pas après tout ce que tu as traversé pour porter ce nom. » Soudain, Léna eut une grimace de douleur et se plia légèrement en deux. Mon cœur manqua un battement. — « Léna ? C'est le bébé ? » — « Non... » dit-elle en reprenant son souffle. « Juste une contraction de Braxton Hicks. Le médecin a dit que c'était normal avec le stress. » Je la satai, terrifié. La menace n'était plus seulement financière. La guerre que menait Sterling mettait en danger la santé de ma femme et de mon fils. À cet instant, je décidai que le gala ne serait pas seulement une défense, mais un m******e. Je n'allais pas seulement garder mon poste, j'allais anéantir Sterling et quiconque oserait encore une fois s'en prendre à la tranquillité de Léna. — « Demain, Marcus, » dis-je dans mon téléphone après que Léna se soit rendormie. « Je veux que tu trouves tout ce que Sterling cache depuis trente ans. Ses comptes offshore, ses maîtresses, ses détournements. S'il veut jouer à détruire des vies, commençons par la sienne. » Point de vue de Léna (Le lendemain) Je me réveillai alors que le soleil se levait sur le domaine. Je savais que les jours à venir allaient être les plus difficiles de ma vie de femme mariée. Mais en regardant le berceau jaune dans la nurserie, je ne ressentais plus de peur. J'avais été une serveuse méprisée, une petite amie humiliée, une fille abandonnée. J'avais survécu à tout cela. Un vieil homme en costume et un ex-petit ami aigri ne faisaient pas le poids face à une mère qui protège son nid. Je décrochai le téléphone et appelai Éléonore. — « Éléonore, c'est Léna. J'ai besoin de la robe la plus spectaculaire que vous puissiez trouver. Pas quelque chose de doux. Je veux quelque chose qui dise que la Reine est là, et qu'elle ne compte pas céder son trône. » La bataille pour l'empire Sinclair venait de commencer.
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