Lettre de Judith Swornlake … J’ai vu mon amant prendre le rôle de mon mari. J’ai vu l’amant dont j’avais toujours rêvé sans jamais l’avoir prendre le rôle du mari que j’avais eu jusqu’à la veille sans jamais le vouloir. Il prenait sa place, son travail et son nom. En quoi ce changement me transformait-il, qu’étais-je en train de devenir ? Épouse de mon fantasme ou veuve de quelqu’un qui refusait de mourir ? Mon nouveau rôle, complexe, indéfinissable, comportait une série de travaux ménagers, lesquels servent au moins de défoulement. Je balayais le sol des cuisines, passais la serpillière, rangeais les ustensiles, replaçais les récipients sur les étagères. La puanteur due à la cuisson de Bera m’étouffait, les volets empêchant le renouvellement de l’air. Mais je n’avais pas le droit d’ou

