Chapitre 2 : Brisée par l’amour
#Rasha
Rasha Barry, c’est mon nom. Je suis une jeune femme dynamique et intelligente de 23 ans. Avec mes 1m65, vous pouvez facilement imaginer à quoi je ressemble. Originaire de Turquie, je suis une femme noire, héritière de la grâce et de la force de nos mères africaines. Je viens d’une famille modeste composée de trois enfants : ma sœur Melike, une vraie tornade, mon petit amour Imran, mon frère cadet et benjamin de la famille. Il ne manque jamais une occasion de me le rappeler d’ailleurs. Quant à Dua, ma meilleure amie, elle complète ce cercle de personnes chères à mon cœur, tout comme mes parents adorables. Franchement, j’ai la famille la plus merveilleuse du monde.
Avec un master en marketing et gestion commerciale en poche, j’ai su me démarquer dès mes débuts professionnels. Recrutée dans l’une des grandes entreprises de la ville, mes compétences ont rapidement fait sensation. Mon travail acharné et mon rendement exceptionnel lors du premier semestre des ventes m’ont permis de gagner l’estime de tous. Aujourd’hui, j’occupe une place importante au sein de l’entreprise, qui ne cesse de progresser grâce à mon implication sans faille. On m’apprécie autant pour mon efficacité que pour ma modestie et mon humilité, des qualités que je tiens de ma tendre et douce mère.
En apparence, ma vie semble parfaite. On pourrait penser que je suis épanouie et comblée. Mais au fond de moi, je porte une douleur que personne ne devine. Pour échapper à cette souffrance, je me réfugie dans le travail, m’y plongeant corps et âme, jour et nuit. Mon cœur, lui, porte les stigmates d’une vie sentimentale chaotique.
Je n’ai jamais rencontré cet homme capable de reconnaître ma valeur, cet homme qui me ferait sentir que je mérite d’être aimée et chérie. J’ai eu des prétendants, oui, mais aucune de ces histoires n’a abouti à une relation sérieuse, encore moins au mariage. Après une succession de déceptions amoureuses, j’ai fini par renoncer à l’amour. Ce mot, si souvent exalté et recherché par tant de personnes prêtes à tout pour séduire leur moitié, n’a plus aucune signification pour moi. Dans mon monde, il n’est qu’une futilité, un concept vidé de son essence.
Il y a deux ans, j’ai vécu l’une des expériences les plus douloureuses de ma vie. J’ai découvert que celui que je considérais comme mon partenaire, mon petit ami, n’avait aucune considération pour moi. Pire encore, il portait son estime à une autre, une fille qui, franchement, n’était même pas à la hauteur. Il passait ses journées à me vendre des rêves, des promesses sans aucune consistance. Aveuglée par l’amour, j’avais tout donné pour cet homme qui ne cherchait que son propre intérêt.
Je m’étais tellement investie dans cette relation que j’en avais oublié ma propre existence. Tout tournait autour de lui. Chaque jour sans sa présence me semblait une épreuve insurmontable. J'avais littéralement appris à respirer pour lui, allant même jusqu'à défier l’autorité de mes parents à plusieurs reprises pour lui faire plaisir. Lui, ce bon à rien, ne méritait même pas mes larmes. Au fil du temps, la vérité m’a frappée de plein fouet : il n’était rien de tout ce que j’imaginais.
La douleur que j’ai ressentie face à cette trahison m’a forcée à une profonde introspection. Ce fut difficile, mais j’ai pris la décision de tourner la page. Aujourd’hui, ces souffrances font partie du passé. J’en suis sortie plus forte, et je suis fière de tout ce que j’ai accompli seule depuis cette époque.
Mes parents, de leur côté, commencent à insister pour que je me marie. Chaque jour, ils me rappellent ce qu’ils considèrent comme une priorité, et Dua s’y met aussi. Mais pour l’instant, je n’en ai ni l’envie ni la tête. Je préfère me concentrer sur mes projets et continuer à avancer.
Ce jour-là, j’étais assise à mon bureau, concentrée sur l’analyse des dernières données de vente de l’entreprise. Les chiffres défilaient sous mes yeux, et je prenais des notes, totalement absorbée par mon travail.
La porte de mon bureau s’ouvrit soudain, et mon patron, M. Jay Rodriguez, entra avec son allure habituelle, confiante et détendue.
« Bonsoir, Rasha. Comment s’est passée ta journée ? » demanda-t-il, affichant son sourire chaleureux.
Je me levai de mon siège, un sourire sincère aux lèvres.
« Bonsoir, Monsieur Rodriguez. Je vais bien, merci. Et vous ? » répondis-je avec enthousiasme.
Il me fit un geste de la main pour m’inviter à me rasseoir avant de poursuivre.
« Eh bien, Rasha, je voulais prendre un moment pour te féliciter. Les résultats que tu as obtenus récemment sont impressionnants. Ton travail est tout simplement exceptionnel. »
Je l’écoutais attentivement, sachant que lorsqu’il prenait la peine de s’adresser à moi ainsi, c’était rarement anodin.
« C’est pourquoi, » continua-t-il, « j’aimerais te confier une nouvelle mission importante. »
Mon esprit était déjà en ébullition, prêt à relever ce nouveau défi. Chaque tâche confiée par M. Rodriguez représentait une opportunité de prouver ma valeur et d’exceller.
À suivre…