61Agnete regarda sans rien dire la servante qui apportait le dîner d’Eloisa. Cette servante, nommée Lucilla, avait moins de vingt ans. Elle était gracieuse, le sein opulent, un cul qui balançait sous sa jupe. Comme chaque jour depuis des semaines, elle posa le plateau sur la table et lança un regard à la grosse chatte au long poil touffu roux et noir, lovée sur le lit. « Pourquoi vous gardez cette sale bête ? dit-elle. — Tu me poses la question un jour sur deux, répondit Agnete. Tu peux dire à la personne qui t’a chargée d’enquêter… — Qui ? Personne m’a demandé… — Tu peux dire à la personne qui t’a chargée d’enquêter, répéta Agnete d’une voix qui couvrit celle de Lucilla, que nous la gardons parce que c’est une excellente compagnie pour une femme enceinte prisonnière dans un château.

