43« On n’est rien, tu comprends ? Par caprice, il a le droit de la brûler vive ! » Dans la grange où ils s’étaient réfugiés, Mikael, la voix rauque, fixait Eloisa avec colère. « Il décide de nos vies, comme nous on tordrait le cou à un poulet ! Voilà ce qu’on est ! Des poulets, des chiens, des vaches ! » Eloisa hochait doucement la tête. Une inquiétude immense se lisait dans ses yeux. « Tu ne peux pas faire ça, Mikael, murmura-t-elle. — Si, je peux ! Et je vais le faire ! cria-t-il presque. Je vais le faire parce que je ne veux pas être un des chiens d’Ojsternig. — Mais tu mourras ! — Non. » Puis il la regarda. « Au moins je ne mourrai pas comme le bétail d’Ojsternig. » Le regard d’Eloisa se durcit. Envahie d’une colère aveugle, elle frappa de ses deux poings la poitrine de Mikael en

