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862 Words
Chapitre 5 Susan n’en croyait pas ses oreilles. Grace osait réellement lui parler ainsi ? D’un geste furieux, elle pointa un doigt orné d’une énorme bague en saphir vers elle. — « Répète ça ! Qu’est-ce qui ne va pas avec ton attitude ? » Mais Grace ne montra aucun signe de peur. Elle soutint son regard et déclara d’une voix claire : — « Puisque Yvonne emménage, tu pourras lui faire faire les tâches ménagères. Je ne le ferai plus jamais. » Un sentiment de libération intense s’empara d’elle à cet instant. Susan, en revanche, sentit une bouffée de colère monter en elle. — « Toi… » Celia, qui observait la scène avec amusement, attrapa soudain le bras de sa mère et lui souffla à l’oreille : — « Maman, tu ne vois pas qu’elle est furieuse ? J’ai entendu dire qu’hier, Benjamin a… » Puis, avec un sourire satisfait, elle exagéra les événements de la veille. Susan comprit immédiatement où elle voulait en venir. Elle croisa les bras et, le ton cinglant, lança : — « Comment oses-tu me parler comme ça, alors que c’est toi qui n’as même pas réussi à convaincre ton mari de rester ?! » Grace, qui avait déjà franchi la porte de la villa, s’arrêta brusquement. Elle se retourna lentement, son regard glacé. Puis, d’un ton mordant, elle répliqua : — « Cela fait trois ans que tu mets en doute ma fertilité. Pourquoi ne fais-tu pas également passer un examen médical à Benjamin ? » Susan et Celia se figèrent. Grace poursuivit, implacable : — « Après tout, même avec tout ce que je lui ai fait hier, il n’a même pas été capable d’avoir une érection. Je me demande vraiment à qui revient la faute si je ne suis pas enceinte. » Un silence de mort s’abattit sur la cour. Les traits de Susan se contractèrent sous l’effet de la rage. — « Toi… » balbutia-t-elle, à court de mots. Même Celia, toujours prompte à riposter, resta sans voix. Mais Grace, indifférente, ne leur laissa pas le temps de reprendre le dessus. — « Si tu veux demander le divorce, c’est ton problème. » Elle tourna les talons et s’éloigna sans la moindre hésitation, laissant Susan fulminer dans son dos. --- Après le départ de Grace Susan, encore secouée, fronça les sourcils. Un mauvais pressentiment s’insinua en elle. — « Monte voir si elle a volé quelque chose », ordonna-t-elle à Celia. — « T’as vu comme ses bagages étaient lourds ? Qui sait ce qu’elle a emporté ! » Celia obéit immédiatement et monta en trombe à l’étage. Quelques minutes plus tard, elle redescendit précipitamment, un dossier à la main. — « Maman ! Il ne manque rien, mais… regarde ce que j’ai trouvé sur la table de nuit ! » Susan attrapa le dossier et l’ouvrit. Son regard se figea instantanément. Ses pupilles se contractèrent sous le choc. Les papiers du divorce étaient à l’intérieur. --- Au bureau de Benjamin Pendant ce temps, Benjamin était en pleine réunion lorsque son téléphone sonna. Voyant le nom de sa mère s’afficher, il décrocha avec agacement. — « Maman, je suis en… » — « Benjamin ! » le coupa Susan, hors d’elle. — « Tu sais ce que cette femme a fait ?! » Benjamin fronça les sourcils. — « Elle a laissé les papiers du divorce derrière elle. Et tu sais ce qu’elle a osé dire ?! » Susan prit une inspiration tremblante avant de lâcher : — « Que tu es impuissant. » Un silence glacial tomba dans la salle de réunion. Benjamin serra la mâchoire. Ses yeux sombres et perçants laissèrent transparaître une rage contenue. D’un geste brusque, il fit signe à ses collaborateurs d’arrêter la réunion. Il attrapa son manteau sur sa chaise et quitta la salle sans un mot. Susan continuait de fulminer au téléphone. — « C’est bien qu’elle soit partie ! » poursuivit-elle. « De toute façon, Yvonne revient ! Mais ce qui m’exaspère, c’est que c’est elle qui demande le divorce ! » Mais Benjamin n’écoutait plus. D’un geste sec, il raccrocha. Son visage était tonitruant de colère. Trois ans. Trois ans de mariage, et c’était la première fois qu’il ressentait un tel sentiment d’impuissance face à Grace. Son regard s’assombrit. Sans perdre une seconde, il chercha son numéro dans son téléphone. Il allait l’appeler. --- Mais de l’autre côté… Au même moment, Larry, l’un de ses collaborateurs, sortit précipitamment de l’ascenseur et se dirigea vers lui. — « M. Hawkins ! » Il haletait, visiblement paniqué. — « Mme Lewis vient d’envoyer sa démission par e-mail ! » Benjamin s’arrêta net. — « Quoi ? » — « Elle était responsable de nombreux projets, dont le Darai Medical Expo, qui est le plus important. Nous n’avons même pas encore fait les transferts ! » Benjamin fronça les sourcils. Et comme si la situation ne pouvait pas empirer, il réalisa que Grace ne répondait pas à son appel. Une voix automatique lui répondit : — « Le numéro que vous avez composé est actuellement occupé. Veuillez réessayer ultérieurement. » Elle venait de décliner son appel.
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