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707 Words
Chapitre 8 Grace était quelque peu hésitante. Elle avait déjà présenté sa démission et n’avait plus aucune obligation de gérer ce genre de situation. De plus, même si les paroles d’Yvonne ressemblaient à une demande, son ton donnait plutôt l’impression d’un ordre. Grace n’a pas aimé ça. Mais Benjamin avait bel et bien sa carte d’identité, et ce serait la dernière fois qu’elle aurait affaire à des tâches aussi triviales. Elle pourrait également profiter de l'occasion pour lui demander son document lorsqu'elle lui apporterait le café plus tard. Elle prit une profonde inspiration et dit : — D’accord. — Merci. Puis, Yvonne s’éloigna. Depuis qu’elle était enceinte, Yvonne affichait une certaine douceur maternelle. Néanmoins, son assurance de fille issue d’une famille éminente contrastait toujours avec l’attitude plus réservée de Grace. Autrefois, la noblesse de la famille de Grace la plaçait bien au-dessus d’Yvonne. Mais au fil des années, Grace semblait avoir perdu son aplomb et son élégance. Elle resta figée un instant, perdue dans ses pensées, avant de se ressaisir et de se rendre dans le garde-manger. Là, elle prépara un Americano avec trois quarts de sucre noir et un quart de lait. C'était ainsi que Benjamin l'aimait. De retour vers le bureau, elle remarqua que la réunion était terminée et que tout le monde sortait de la salle de conférence. Benjamin n’était plus là. Elle supposa qu'il devait être allé à son bureau. Avec le café à la main, elle frappa à la porte. — Entrez. C'était la voix coquette d'Yvonne. Grace faillit renverser son Americano. Il lui fallut quelques secondes pour rassembler son courage avant de pousser la porte. Dès qu’elle entra, elle vit Yvonne enrouler ses bras autour du cou de Benjamin, assise sur ses genoux. Bien que Grace se soit préparée mentalement, son cœur se serra violemment en voyant une telle scène. Yvonne, quelque peu gênée d’avoir été surprise dans un moment intime, lui lança d’un ton détaché : — Tu pourras partir après avoir posé le café. En entendant cela, Grace reprit ses esprits et releva lentement la tête. Son regard croisa celui de Benjamin. Son expression était froide, presque cruelle, comme s’il savourait son malaise. Grace comprit immédiatement : il l’avait laissée entrer à ce moment précis exprès. Il voulait qu’elle voie cette scène. Il voulait l’humilier. — Mlle Lewis ? Yvonne, ne recevant aucune réponse, tourna légèrement la tête vers elle. Grace se contenta de hocher la tête en silence, posa le café sur le bureau, puis se retourna pour partir. Mais après deux pas, elle s’arrêta brusquement. Les voix derrière elle résonnaient encore dans son esprit. Elle imaginait malgré elle Benjamin devenir intime avec Yvonne. Ses jambes faiblirent. Il lui fallut toute sa volonté pour ne pas s’effondrer. — Mademoiselle Lewis, y a-t-il autre chose ? Yvonne semblait agacée de la voir toujours là. — Je… Grace rassembla enfin le courage de les regarder. — M. Hawkins a quelque chose d’important qui m’appartient. J’espère qu’il pourra me le rendre. L’atmosphère devint pesante. Bien que le bureau fût encombré de piles de documents, rien ne pouvait cacher l’intimité flagrante de la scène devant elle. Le col blanc de Benjamin était légèrement déboutonné. Un suçon était visible sur son cou. — Oh ? Yvonne, intriguée, resserra son étreinte sur le bras de Benjamin. — Benjamin, qu'est-ce que tu as d'elle ? — Rien d’important. Benjamin passa un bras autour d’Yvonne et l’attira encore plus près de lui. Grace serra les lèvres en une fine ligne. Elle ne dit rien. Un instant plus tard, la voix glaciale de Benjamin retentit : — Tu peux partir maintenant. Il la regardait comme si elle lui était étrangère. Elle comprit aussitôt qu’il n’allait pas lui rendre sa carte d’identité si facilement. — C'est ma carte d'identité. Puisque Yvonne était là, Grace décida de parler franchement. À cet instant, elle n’avait qu’une seule envie : récupérer ce qui lui appartenait et quitter définitivement l’entreprise. — En fait, j'ai démissionné, mais M. Hawkins a confisqué ma carte d'identité. Je ne peux m'empêcher de me demander s'il nourrit d'autres pensées à mon égard. — Le groupe Hawkins est rempli d'employés compétents. Il n'a aucune raison de recourir à des méthodes aussi ignobles contre une simple secrétaire comme moi.
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