UNE SOIRÉE CITOYENNEAlain est venu m’aider à transporter les tableaux à l’hôtel Bergé. Je ne sais pas ce que j’aurais fait sans lui, sans son esprit pratique, sans sa présence d’esprit. Toute la matinée, Joseph était aux abonnés absents. Le jeune barbu du café Saint-Cyr est venu donner un coup de main, avançant et reculant pour juger de l’effet des lionnes et des têtes coupées, plantant des clous, déplaçant des meubles. La cour est particulièrement froide, on dirait qu’elle attire tous les vents du Biterrois, mistral et tramontane, pour en faire un cocktail glacé et dévastateur. Un typhon en plein cœur de Béziers. Stéphanie arrive dans mon dos ; je mets mon nez de clown, et je prends l’Orb à témoin, telle une Rastignac, de ma promesse à la ville : assurer sa renaissance culturelle, ni plus

