Un colloque dans la nuit noireÀ ce moment, le train traversait un pont d’où l’on pouvait apercevoir un panorama d’une splendeur sans égale. En face, s’élevait la chaîne prodigieuse des Andes, rocs entassés sur rocs, – plus bas, par une fissure de la montagne, on avait une échappée sur des forêts toujours vertes, entremêlées çà et là de terrasses cultivées en jardins, chacune avec sa chaumière rustique suspendue à ses flancs hérissés, et, pour peu que le regard s’élevât, on apercevait la crête neigeuse des monts étincelants dans le soleil, spectacle présentant à la fois un chaos si sauvage de magnificence et de beauté qu’aucun autre paysage de montagne n’en peut offrir un semblable. Mais cela était plus terrible encore que beau et les abîmes que le train franchissait à chaque instant donna

