Chapitre 8

2706 Words
Après le départ de ma mère, je dois avouer que plusieurs personnes plus particulièrement les élèves de la looser sont venus dans mon stand pour voir ce que je prévois. J'ai été la plus accueillante possible. J'ai parlé avec eux tout en étant blagueuse pour détendre l'atmosphère. Mais toutes les questions qu'on m'a demandées c'était en relation à ma mère. Ça m'énervait un peu mais bon je devais m'y attendre. À un moment une personne que je n'aurais jamais imaginée est venue: « Salut Pilar Sourit-il —Salut Alex. Je dois avouer que ta venue me surprend. —Pourquoi? ...je croyais qu'on s'entendait plutôt bien. —Si c'est le cas. Je souris et ajoute: Mais bon, aujourd'hui tu me vois en tant que candidate, alors si tu es là, pose des questions. —Ah bon? M'interroge-t-il hilare: Je n'ai pas de questions je voulais juste te souhaiter bonne chance. —Merci, c'est gentil. —À plus. Il conclut les mains dans les poches —Bye. » Il s'en va et je reste toute seule. Et regarde la campagne des autres, les bras croisés. Dire que les budgets alloués pour nos campagnes sont dérisoires uniquement pour mettre celles de la styler en avant. Je ne comprends pas pourquoi les candidats de la styler ont le droit de faire autant de boucans, j'en ai mal aux oreilles. J'entre dans mon stand en attendant les autres qui sont allés partager les tracts de ma campagne. J'entends un bruit au moment où je me suis courbée pour ramasser les tracts qui sont tombés. Je me lève en disant avec un sourire: « Bonjour c'est moi Pilar Candel et je me présente pour la candidature....... » Kyle? Que fait-il ici ? En plus seul? Il ne me regarde même pas et lit le tract que j'ai déposé sur la table. Il daigne enfin me regarder et dire en riant, son rire arrogant que je hais: « Ton slogan s'est: avec Pilar le rêve est possible. —Oui Dis-je simplement —Sérieusement tu penses pouvoir changer des règles qui sont déjà établies depuis des années? dit-il assez sérieux ce qui m'étonne un peu —Ça dépend, il faudrait tout d'abord que je gagne. Je réponds un sourire effronté —Je suis désolé mais c'est une peine perdue. Je vais te dire une chose, tu dis vouloir servir les autres mais tu ne sers que tes intérêts. On n'a pas besoin de rester cinq minutes avec toi pour comprendre que tu aimes diriger. —Tu penses que j'utilise une politique démagogique? Je demande choquée —Exactement tout ce que tu veux, c'est pouvoir te prouver à toi-même que tu es capable et avoir ton petit moment de gloire sinon pourquoi tu as appelé ta mère? » Cette phrase raisonne en moi comme les bruits d'une cloche. Je reste silencieuse, interloquée, par sa question, ne sachant pas comment répondre à sa question. « Tu ne dis rien? dit-il en me fixant le regard encore plus sérieux —C'est vrai j'ai appelé ma mère s'est pour augmenter mes chances de gagner mais je ne veux pas la gloire je ne suis pas comme par toi. Je finis par répondre —C'est ça. Rigole-t-il et ajoute: Tu ne vas rien changer ici et sache que tu seras bientôt l'ennemi de tous les élèves de la styler si tu t'obstines. —Tu n'aurais pas dû dépenser ta salive. Dis-je de la façon la plus hautaine possible —Tu me fais bien rire. Tant pis ! Je t'aurais prévenue. » Il hausse les épaules Il décide de s'en aller, à mon plus grand soulagement. Je pourrai enfin respirer normalement. Pourtant, il revient sur ses pas et déclare: « Tu te crois maligne mais je sais très bien ce que tu feras je t'ai à l'œil. » Je sors un sourire hypocrite comme réponse et à ce moment Jason entre en disant : « Mec ! Ça fait un moment que nous te cherchons. —Je suis venu lui souhaiter bonne chance. » Il répond simplement avant de partir avec Jason Je le fixe partir avec haine. Il est venu me déclarer la guerre. Si je suis aussi misérable pourquoi a-t-il pris la peine de venir ici ? Au fond, il a peur de moi, de ce que je suis capable d'entreprendre. Cependant, Kyle n'est pas aussi stupide que je ne le pensais. Je dois vraiment m'en méfier. Ce qu'il a dit, faut l'avouer, m'a assez surprise...il est un véritable obstacle. Lucien entre en trombe pour me demander : « J'ai vu Kyle sortir du stand il t'a embêté? —Non il s'est juste moqué comme toujours...alors où sont les autres? Dis-je pour changer de sujet —ils arrivent. » Répond-t-il Dieu merci, la journée s'est très bien terminée. Je croyais que le reste de la clique —je parle bien sur de l'élite des cinq— allait débarquer ici. Je peux rentrer me reposer, un repos bien mérité. Demain je dois convaincre, l'audience. Un travail qui, je sais, sera ardu. Le lendemain j'arrive de bonne heure, j'ai révisé mon discours un millier de fois. En principe, je maitrise déjà le texte. Mais qui sait ? Le stress peut emporter sur ma préparation. Nous passons, malheureusement, en dernier. Ça ne m'aide pas aussi. D'après ce que Lucien m'a expliqué il y a 3 vagues de passage en fonction des classes. Mais peu importe ta classe, tu peux assister au débat des autres classes. Il est à mon avis impossible, tout de même, qu'un élève de la styler reste suivre le discours et le débat d'une autre classe. Après plus d'une heure de temps, la styler sort du gymnase. Les élèves de la zwischen suivent. Le temps s'enchaine assez rapidement et c'est enfin mon tour. J'arrive un peu à la traîne avec mes amis. J'observe tous ceux qui sont assis et me rends compte que les élèves de du looser sont plutôt nombreux à assister. Dans mon ancienne école, ces activités n'intéressaient pas vraiment. C'était à peine si la salle était remplie. Je suis agréablement surprise par cet intérêt, ici. C'est très encourageant. Avant de me séparer de mes potes, ils me souhaitent bonne chance et je leur souris avant de continuer la route toute seule vers l'estrade pour retrouver le reste des candidats déjà assis. Je prends place et regarde tous ses élèves au badge rouge. Il y a un prof comme un arbitre, il lance le débat. En fait, le prof nous pose des questions sur nos objectifs. Et chacun a le droit de critiquer les idées des autres tout en restant respectueux. C'est la règle de base. Maintenant c'est le discours. Les candidats passent tour à tour pour un monologue d'une quinzaine de minutes maximum. J'écoute le monologue de mes adversaires avec intérêt, impatiente d'être à leur place au niveau du pupitre. C'est enfin mon tour. Mon papier de discours à ma main, je me lève pour me placer au pupitre. Je suis prête à parler, quand je remarque des murmures. Je redresse le visage et celui-ci se décompose à cette vue. Ils n'ont pas osé?!....Kyle et ses acolytes viennent d'entrer au gymnase sous le regard de tous les élèves de du looser choqués. Je parie que c'est l'idée de Kyle pour me déstabiliser. Ils s'asseyent au premier rang et Kyle me regarde le sourire aux lèvres. Je les dévisage tour à tour. Je respecte les règles, je n'ai plus zappé leur autorité depuis. Pourquoi ils continuent de ma harceler, ça commence à me souler. Le prof m'interpelle en demandant, sur un ton insistant: « On vous écoute. —Ex...cu...sez...moi !! » Il a réussi à me déstabiliser. Je déplie ma feuille tremblante, et je crois que tout le monde le remarque il faut que je me calme. Je ne me sens plus capable de lire ce texte, je vois flou. Je respire un gros coup replie la feuille et la mets dans la poche de mon pull. Ils doivent se demander ce que je suis en train de faire surtout Lucien. Il a l'air choqué par ma décision, de ne pas lire les mots que nous avons préparé, ensemble. Je regarde la foule un instant. J'essaie de puiser en moi les ressources pour répondre au défi de Kyle. Je commence : « Bonjour moi Pilar Candel, je me présente pour le poste de présidente de la looser. Certainement dans cette classe, il y a des gens qui ont décidé de tout faire pour entrer dans une autre classe. Ou par contre qui choisissent délibérément d'y rester. Et je trouve que c'est une bonne chose chacun à ses convictions et objectifs. Quelqu'un m'a parlé d'intérêt dans ce que l'on fait. » Je m'arrête et regarde la réaction de Kyle. Il a l'air surpris et se redresse certainement pour mieux m'écouter. Je suis ravie qu'il soit plus attentif parce que je ne me répèterai pas. Je continue : « Vous pouvez penser que j'aurais simplement dû dire que j'en ai aucun. Mais je trouve cette réponse trop facile. Parce que, dans tout ce que nous faisons nous avons des intérêts, c'est inévitable! Mais je pense qu'on peut surpasser cela, ce sont les êtres abjects qui profitent derrière les autres. Je ne dis pas que je suis parfaite mais, je me sens capable de répondre à toutes vos doléances. Et pour répondre à cette personne, je dirai que mon intérêt peut paraître égoïste mais je sais qu'il sera toujours avantageux pour tous. Parce que je voudrais que chacun puisse rêver on en a, tous, le droit. Et mon programme peut le témoigner. Et quand on rêve, ensuite on doit le concrétiser. Mes chers amis, avec moi on le fera, malgré les embûches, on va y arriver. Donc lors du vote, au moment où vous serrez dans l'isoloir, face à la machine de vote, pensez à moi. Pensez à moi, en vous disant, cette fille est capable de tout changer, du moins à mon niveau. Merci de m'avoir écouté. » À la fin les applaudissements fusent, à mon grand étonnement. Je suis émue. Que c'est exaltant d'entendre une foule scander son nom, mon sourire béat traduit très bien mon état d'esprit. Je regarde ensuite l'élite des cinq. Les autres semblent n'avoir rien saisis, mais Kyle je sais qu'il a tout écouté et a compris le message. Il a sorti un sourire comme pour dire : « Tu ne m'impressionnes toujours pas. » Ensuite ils sont sortis comme si de rien n'était. Comme j'étais la dernière candidate, c'est enfin quartier libre. Mes amis viennent d'abord me féliciter et Wendy avoue: « Tu as été époustouflante. —merci. Je souris —À ta place j'aurai été tétanisé...je vois déjà les affiches demain, Pilar la présidente. » Hurle-t-elle Je rigole, espérant que ses paroles se réalisent. Nous sortons pour nous retrouver au niveau des coins de vote. Mes amis réussissent à me faire un peu oublier la compétition. Les couloirs, la cafétéria, tous ces lieux sont bondés. C'est à peine si nous arrivons à circuler, nous sommes tous concentrés dans ces endroits car proche des centres de vote. Au moment où les autres s'éloignent pour aller vote, Lucien traine le pas pour son interrogatoire : « Pourquoi n'as-tu pas lu le texte prévu? —j'ai voulu improviser. Je renchéris simplement —je ne te crois pas. » Il me fixe un peu durement Je soupire résignée et lui raconte. Il m'écoute avec un très grand intérêt, me coupant de temps en temps, pour avoir des éclaircissements supplémentaires. « Maintenant je comprends mieux. Il finit par dire —Je déteste quand on me provoque. Malheureusement ou heureusement, je me sens toujours obligé de répondre. —Je vois. » Lucien sourit À la fin du vote, nous avons décidé d'aller rester au jardin. Il y a plusieurs bancs installés, nous allons pouvoir nous assoir et profiter de l'air frais. L'attente des résultats semble interminable, pourtant, tout est informatisé. Les votes sont faits sur des machines qui renvoient les résultats au serveur central. Ce dernier effectuera le dépouillement à une vitesse qui dépasse nettement celle de l'homme. Les autres parlent et je ne les écoute pas. Je suis dans mon monde complètement stressée, imaginant mille et un scénarios. Des secondes passent, puis des minutes ensuite des heures. Pourquoi c'est aussi long ? Les machines ne sont-elles pas rapide ? Après une longue attente, nous entendons enfin la voix d'un individu qui résonne dans tout le lycée. Je me redresse immédiatement et mon cœur rate un battement. Il donne les résultats, et mon cœur s'emballe cette fois. Il commence par ordre, et finit par ma classe. « Le vainqueur de la looser est Chelsea Brown. » J'ai failli m'évanouir, j'ai perdu! Mes amis me regardent attristés. Je ne comprends pas, pourtant j'ai tout bien fait. Ils veulent me réconforter mais je me recule : "Ne vous inquiétez pas c'est un simple poste et d'ailleurs c'était impossible pour une nouvelle de gagner. J'essaie de sourire —Désolée Pilar. Wendy lance tristement —Ça va aller. J'ai besoin d'être seule. Je balbutie en me levant —Tu en es sure? Demande Lucien bienveillant — Oui. » Je conclus J'ai perdu...Tous ces efforts, toutes ces insomnies à l'eau. Pourtant j'ai eu l'impression d'avoir convaincu la majorité. J'ai envie de pleurer. Je cours vers la sortie et arrive devant l'arrêt de bus. Heureusement le bus vient au même moment. Je monte et m'assois. Les larmes se déversent sans que je ne sans que je ne comprenne, la défaite est plus difficile quand on pense que la réussite est acquise. Le visage posée sur la vitre, je regarde les gens défiées rapidement. Chez moi, je suis couchée ; Mes amis m'ont envoyé des tas de messages et appels. Je n'ai pas répondu. Je ne veux pas être consolé. Je suis forte! Ma mère par contre, m'appelle et je réponds en faisant tout, pour qu'elle ne se rende pas compte que je suis atteinte: « Alors ma chérie, c'était comment? —Pas très bien Dis-je calmement —Je suis désolée. Rétorque-t-elle l'air triste, comprenant la situation —Ce n'est pas grave. Dis-je pour la rassurer —Ne mens pas, je sais que cela te tenait réellement à cœur. Elle me contredit —Maman, la désillusion est un sentiment très désagréable. J'avoue en essuyant une larme qui coule —Je sais mais ça va passer. Elle me console —Je l'espère...alors tu rentres ce soir? Dis-je pour changer de sujet —Non désolée, je serai là vers minuit tu seras sans doute déjà endormie. —D'accord bye. Je lance entre deux reniflements —Passe une bonne nuit quand même. —Merci à plus. » Je raccroche et me lamente toujours, en me demandant ce que j'ai bien pu faire de mauvais. Ce que j'aurais pu améliorer. Et je finis par m'endormir je ne sais quand. Le lendemain, j'arrive à l'école, la mine fatiguée et pars directement en classe je ne veux voir personne. J'ai cours des maths avec Wendy et elle sait que je ne veux pas parler. Elle ne me pose aucune question Kyle et Britny entrent en classe. Celle-ci vient vers moi le sourire aux lèvres et dit: « Alors la perdante tu n'as pas encore digéré? (Je ne dis rien)...alors tu as beaucoup pleuré? Tu as compris que tes efforts n'ont servi à rien? —Tais-toi. Je hurle hors de moi —Pardon? dit elle choquée et la classe reste silencieuse — Calme-toi, tu vas faire une bêtise et perdre des points. S'immisce Wendy pour me calmer —Maintenant je n'ai plus rien à perdre. » Je lui réponds avant de me lever Je suis à sa hauteur, j'aurais pu la frapper. Faire de même à Kyle. Je n'ai pas de force pour me battre mais ma repartie est bien présente. Je garde tant de rage en moi, trop de paroles que j'ai gardé aux frais pour eux. Je fulmine ma rage : « Écoute moi très bien toi la sale peste je ne sais pas pour qui tu te prends avec tes allures de faux culs mais..... —Excusez-vous auprès de Britny. Intervient le prof en entrant —Non. Je crie comme une hystérique —Alors vous en subirez les conséquences au bureau du principal. » Dit-il en m'ouvrant la porte Je prends mon sac en colère et sors de la salle de classe sous le regard stupéfait des autres. Kyle a regardé toute la scène sans rien dire, il est resté impassible. Si le proviseur me renvoie définitivement je serai ravie, j'en ai marre de cette école!!
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