L'argent n'achète pas la liberté, mais il achète les armes nécessaires pour la défendre.
Le paquet de documents jeté par Henry était devenu l'objet le plus dangereux de Haven. Après le départ de l’ancien maître, Sarah retourna à la colonie, les papiers à la main, et fit face à Marvin et Calherbe.
Le silence se fit lourd dans la petite cabane. Marvin, le crâne bandé, regardait fixement les papiers qui confirmaient que Sarah était l'héritière légitime de Phillip Delacroix, un baron de la finance du Nord.
Une fortune, murmura Marvin, incrédule.
Tu n'as plus besoin de t'enfuir. Tu es libre. Tu es riche.
La richesse n’est pas la liberté, répondit Sarah, posant le cahier à côté des documents. Mon corps est libre, oui. Mais tant que le carnet existe et que la contrebande d'Henry continue, ma conscience est enchaînée.
Calherbe s'approcha, ses yeux sages examinant Sarah. Le destin te donne un choix, ma fille. Utiliser cette fortune pour ta propre sécurité, loin de ce danger, ou l’utiliser comme une arme contre lui.
Sarah toucha la couverture usée du cahier de sa mère. Elle se souvenait de ses jours à Haven, de la dignité qu'elle y avait trouvée. Elle n'était plus l'esclave à sauver ; elle était la guerrière que sa mère avait formée.
La mission de ma mère n’était pas de me rendre riche. C’était de mettre fin à la souffrance, déclara Sarah, sa voix ferme. Le carnet a besoin de justice. Mais la justice a besoin de ressources.
Sa décision était prise. Elle allait utiliser la fortune de Delacroix pour financer la mission du cahier. L'héritage d'un homme blanc riche du Nord deviendrait le bouclier de la justice pour les esclaves du Sud.
Cependant, pour débloquer ces ressources, elle devait d’abord confirmer son identité et rencontrer cet homme, Phillip Delacroix.
Nous devons aller au Nord, dit Sarah. Nous devons rencontrer mon père. Non pas pour l'embrasser, mais pour revendiquer mon héritage et m'en servir contre son propre monde.
Marvin insista pour l'accompagner. Calherbe accepta à contrecœur, comprenant que ce changement de plan était aussi dangereux que l'ancien. Il fournit à Sarah les contacts du Nord, qui devaient initialement l'aider à rencontrer Abélard, pour l'aider à changer d’itinéraire.
La mission était suspendue, mais pas abandonnée. Le chemin vers Abélard passerait désormais par New York.