XDans le TGV 8665, les passagers descendant à Morlaix commencent à ranger leurs journaux et magazines. Les autres somnolent ou dorment carrément. Il est 22 heures 48. Le train venu de Paris-Montparnasse a quitté Plouaret depuis près de cinq minutes et roule maintenant à plus de 130 kilomètres/heure. Dans sa cabine de “pilotage”, Pierre Duval sifflote. Dans moins d’une heure, il sera à Brest et retrouvera femme et enfants pour une journée de repos bien méritée. Même si la lune est aux abonnés absents, la nuit claire lui permet de jeter un œil de connaisseur aux paysages de ce coin de Bretagne qu’il aime tant. Dans le pinceau des phares défilent traverses et rails, depuis 538 kilomètres exactement, comme en atteste la borne qu’il vient de passer. Conduite tranquille dans cette longue ligne d

