CRYSTAL Habillée d’un tailleur deux pièces couleur cendre, soigneusement repassé mais déjà froissé aux coudes, les cheveux tirés en un chignon sévère qui tire légèrement sur son cuir chevelu, le maquillage trop terne pour dissimuler les nuits trop courtes et la fatigue incrustée sous ses yeux, Anna Collins descend du taxi. Le moteur s’éloigne dans un grondement sourd, laissant derrière lui l’air froid du matin. Dans sa main droite, un gobelet de lait de soja encore tiède lui réchauffe les doigts engourdis ; dans la gauche, son sac de travail, trop lourd, dont la lanière lui scie presque l’épaule à chaque pas. Son badge professionnel, accroché à la veste par une pince métallique, claque doucement contre le tissu sous les bourrasques matinales, rappel constant de son rôle et de son apparte

