Voilà. C'est l'institution Notre Dame à Valence. J'y suis depuis quatre ans. J'en connais tous les endroits, dedans comme dehors. Un univers encore plus triste que ce qu'on peut imaginer. Tout est vieux, patiné et sombre. Immense et froid. Les fenêtres sont si hautes qu'elles permettent seulement de voir le jour, mais pas les paysages alentours ou alors la cime des arbres. L'hiver, le mistral glacial s'engouffre par leurs châssis abîmés. Autre élément immuable dans ce décor : le crucifix qui trône en haut de l'escalier de pierre usé par des milliers de pas. Il se rappelle à nous aussi dans chacune des salles de classes vastes et austères. Il accompagne même chacun de nos repas au réfectoire. Là, le temps s'est arrêté : même place tous les jours, mêmes menus chaque semaine. Un rituel immuab

