Cover-4

2003 Words
— Je suis sûr qu’en cherchant un peu, vous arriverez à la retrouver. Elles sont toutes les deux arrivées cette nuit avec les pompiers apparemment … Bingo ! Elle retourne sur son ordinateur avant de me répondre. — La voilà, chambre 313. Si vous pouviez dire à votre frère de venir remplir les papiers, je n’ai pas l’identité de la maman ni ses papiers de sécurité sociale. — Je n’y manquerais pas, je lui réponds avec un sourire. Merci, madame, vous êtes ma sauveuse. Je me retiens de courir vers les ascenseurs. Plus que quelques minutes et je pourrais revoir la princesse et sa maman … Le troisième étage est vide de patients ou familles, seules des infirmières déambulent dans les couloirs. Je m’approche de l’une d’elles afin d’en savoir plus sur l’état de santé d’Ambre, ne sachant quoi me répondre, elle m’invite à la suivre dans leur salle de repos m’expliquant que les médecins y sont en pause et que j’aurais les réponses à mes questions. Effectivement le personnel soignant est autour d’une table à plaisanter. Les visages se lèvent sur moi quand la jeune infirmière demande qui est le médecin qui s’occupe d’Ambre. Un homme d’une quarantaine d’années se lève et me tend la main, se présentant sous le nom du docteur Malcot. — Venez, nous serons plus tranquilles dans le couloir pour discuter. Je le suis sans broncher. — Je suis navré, monsieur, je ne vais pas pouvoir vous dire grand-chose sur l’état de santé de ma patiente… — Dites-moi au moins qu’elle va bien ? le suppliais-je. Je le regarde hésiter un bref instant et regarder partout autour de nous. Il semble très stressé sans que je ne comprenne pourquoi. — Je sais bien que vous êtes tenu au secret professionnel, et en aucun cas je ne veux vous mettre en porte à faux. Mais je vous en prie, dites-moi juste qu’elle va bien et n’a pas de séquelle... — Qui êtes-vous pour cette jeune femme ? me demande-t-il. Encore cette question auquel je ne sais quoi répondre … J’aimerais pouvoir leur répondre à tous que je suis celui qui l’a sortie de cet enfer, que je suis celui qui fera tout pour elle et sa fille, que je donnerais tout pour qu’elles s’en sortent ...mais je ne peux me permettre déjà parce que je ne veux pas être jugé à cause de ce que mon frère a fait, mais surtout, parce que je ne peux pas prétendre ça sans avoir au préalable discuté avec Ambre. — Disons que je suis une personne qui tient à elles et qui s’inquiète… — Écoutez monsieur, vous me paraissez très honnête, mais je me suis laissé avoir il y a quelque temps … Regarder le résultat aujourd’hui. Je retrouve mon ancienne patiente dans un lit d’hôpital avec un enfant et dans un état pire que celui dans lequel je l’ai laissé. Comprenez que … — Je comprends bien docteur, le coupais-je. Je ne vous demande pas de me détailler son dossier, ni même de m’emmener la voir dans sa chambre. Je voudrais juste savoir si elle est en bonne santé et si ses jours ne sont pas en danger. Je ne comprends pas bien ce qu’il a voulu me dire, mais je me doute que cela à un rapport avec Julien. J’essayerais d’y voir plus clair là-dessus plus tard, là j’ai juste besoin d’entendre qu’elle va bien, que je n’ai pas à m’inquiéter sur son état de santé. — Bon ...je peux au moins vous dire que physiquement, elle ne présente rien d’alarmant. Psychologiquement, c’est tout autre chose, il va lui falloir un moment pour se reconstruire si elle y parvient un jour …mais c’est une battante. Ses mots résonnent dans mon crâne. Je ne sais pas si je dois être fou de joie de la savoir sauvée ou si je dois m’effondrer en pensant que Julien et Amandine l’ont détruite de l’intérieur. Je me hâte de remercier chaleureusement le médecin avant de rechercher le numéro de sa chambre. J’ai besoin de la voir là tout de suite, vérifier que le docteur ne m’a pas menti. Je frappe à cette porte portant l’inscription 313, j’espère qu’elle ne s’est pas trompée à l’accueil. J’ouvre doucement la porte et ce que je vois me réchauffe immédiatement le cœur. Ambre est assise dans son lit, la petite Opale collée à elle. Elles vont bien ! Je m’approche doucement jusqu’à m’asseoir sur le fauteuil réservé aux invités sans qu’Ambre n’est répondu à mon bonjour. Elle me semble tendue, mal à l’aise et fuit mon regard. J’essaie de détendre l’atmosphère en lui parlant de sa fille qui dort paisiblement dans ses bras et quand son visage se penche sur elle, un sourire se dessine sur ses lèvres. C’est la plus belle qui m’ait été donnée de voir, elle est tellement belle en cet instant. — Tu veux que je t’approche le lit pour que tu puisses la coucher ? m’empressais-je de lui demander pour cacher le trouble qui s’installe en moi. La jeune maman a une réaction auquel je ne me serais jamais attendue, elle resserre la petite plus fort contre elle. De la panique se lie dans son regard, je n’ai plus une belle jeune femme devant moi, mais une lionne prête à attaquer quiconque tentera de s’approcher. — Hé, calme-toi Ambre, je ne te veux aucun mal et encore moins à Opale. Je veux juste vous aider, lui glissais-je doucement pour la rassurer. — Pourquoi ? J’entends enfin le son de sa voix. Celle-ci tremble un peu, semble mal assurée. Après ce qu’elle a vécu, je ne peux que comprendre ses craintes, je me dois de tout faire pour la rassurer, qu’elle sache qu’elle peut avoir confiance en moi ... — Parce que dès la première fois que je t’ai vue, j’ai compris qu’il y avait un problème. J’ai été trop lâche pour creuser plus loin, et je m’en veux terriblement de ce qui t’est arrivé, du moins ce que j’en sais. Et parce qu’Opale est ma nièce, à défaut de son père, j’aimerais, si tu me le permets, être présent dans sa vie. Je veux qu’elle sache qu’elle pourra toujours compter sur son oncle Benjamin. — Opale a un père ! hurle-t-elle. Il va revenir et nous fonderons une famille ! Je comprends en cet instant que Julien n’est pas uniquement son bourreau, elle l’aime. Les larmes embuent ses yeux et mon cœur se serre. La petite gesticule dans les bras de sa maman, je me rappelle avoir entendu je ne sais où qu’à cet âge les enfants sont de vraies éponges. Je tends les bras pour prendre Opale et la poser dans son lit, mais le côté lionne d’Ambre réapparait immédiatement. — Toi aussi tu veux me la prendre c’est ça ? Personne ne me prendra mon enfant ! me menace-t-elle. Je ne veux pas lui enlever sa fille, juste la poser que nous puissions discuter sans perturber la petite ! — Comment ça moi aussi je veux te la prendre ? — T’es de mèche avec cette femme de tout à l’heure ! Quelle femme ? J’ai raté quelque chose là, je ne comprends rien. Je la regarde perdre pied et pour la première fois, j’ai peur pour Opale. Sans le vouloir, elle risque de lui faire du mal à la serrer si fort. Sans lui laisser le choix, je prends la petite et la pose dans le lit qui lui est destiné. La transformation d’Ambre est immédiate, elle arrache le capteur placé au bout de son doigt pour bondir de son lit. Je la retiens avant qu’elle n’agisse sous le coup de la colère en la retenant par le bras. Doucement je m’approche d’elle, il faut absolument qu’elle se calme ! J’essaie comme je peux de la rassurer en lui murmurant de se calmer, je sens son pouls ralentir sous mes doigts. Je la pousse fermement, mais sans méchanceté pour qu’elle s’assoie. Je ne supporte pas de la voir dans cet état, elle a assez morflé, je ne veux pas la faire souffrir plus que ce qu’elle a déjà subi. — Bon maintenant que tu es calmée, explique-moi c’est quoi cette histoire Ambre. Qui est cette femme et que voulait-elle ? Je la regarde remettre de la distance entre nous. Son regard est froid, elle doute de moi en cet instant j’en suis persuadé. Comment je vais pouvoir lui faire comprendre que je ne leur veux aucun mal, au contraire. — Fais-moi confiance Ambre. Je veux juste comprendre et vous aider ...s’il te plait. — Une femme est venue tout à l’heure, je ne me rappelle plus de son nom. Elle me disait qu’elle enquêter afin de savoir si j’étais apte à m’occuper d’Opale. Elle veut me prendre ma fille ! lâche-t-elle d’un coup en laissant couler les larmes. Qui ose venir la faire souffrir ? Qui a osé alerter les services sociaux, parce que ça ne peut être que ça. Personne ne se mettra en travers de mon chemin, personne ne prendra ma nièce, j’en fais la promesse ! Elle me sourit en réponse, ce qui est déjà une immense victoire pour moi. Elle m’accorde un peu de sa confiance. Je profite de son état d’esprit pour enchainer sans attendre. — Il faut aussi qu’on discute un peu. La police va venir te voir dans la journée pour te poser des questions, mais, j’ai moi aussi besoin de savoir certaines choses te concernant. — Je n’ai rien à te dire ni à eux, je ne sais pas qui je suis réellement … — Justement, ils tenteront de répondre à ça, mais pas seulement. Il va falloir que tu leur dises ce qui s’est passé le temps de ta captivité. Ce que tu as enduré aussi … Ses yeux se voilent sans que je n’en comprenne la cause. Elle semble s’éloigner de moi, pas physiquement, mais mentalement. Serait-ce cela que le docteur me disait tout à l’heure ? — Amandine. Elle … Elle m’a forcé à faire des choses que je ne voulais pas, murmure-t-elle. Les larmes me montent aux yeux, je tente de les cacher et maitriser ma voix. J’ai peur d’imaginer ce qu’elle veut dire par « des choses ». Je n’ai jamais beaucoup porté Amandine dans mon cœur, mais elle était ma belle-sœur, je la respectais Il faut que je connaisse le rôle de Julien dans cette histoire. — Julien ne m’a rien fait, crache-t-elle. — Je l’ai pourtant vu dans cette cave, et même avant quand je venais. Il … — Julien m’aime ! me coupe-t-elle. Nous allons former une famille, Opale lui et moi ! C’est Amandine qui a tout planifié, mais elle ne pensait pas qu’un amour nous lierait. Nous allons partir loin d’ici pour commencer notre vie. — Amandine n’est pas la seule fautive. Il t’a violée, il t’a humiliée … Je ne termine pas ma phrase. La veine de son cou pulse au rythme de ses battements cardiaques qui s’affolent, ses poings se serrent, ses yeux sont devenus des mitraillettes ... – Sors d’ici ! VA T’EN JE NE VEUX PLUS TE VOIR ! Ça y est, la bombe est lâchée comme ses nerfs qui cèdent. Je préfère m’exécuter plutôt qu’attiser sa colère. Je vais me renseigner sur cette femme venue la voir tout à l’heure et lui prouver, je ne sais pas comment. d’ailleurs, que Julien n’est pas celui qu’elle croit. Je me lève doucement et me dirige vers la porte de la chambre. Sans me retourner, je franchis le seuil et pars le plus loin possible de cet hôpital. Si je reste une seconde de plus ici, je vais faire demi-tour, la secouer pour qu’elle comprenne que mon frère n’est qu’un s******d qui a abusé d’elle et qui aurait fait n’importe quoi, même le pire, pour avoir le bébé, tout n’est pas que la faute d’Amandine ! Je rentre chez moi en roulant plus vite que ce qu’il est autorisé. Il faut que je me vide la tête et vite ! Je franchis la porte et cours limite jusqu’à ma chambre. J’enfile un survêtement, un tee-shirt et des baskets avant de retourner au salon chercher Zeus. – Une balade en courant ça te dit mon gros ? Le mot ballade est magique avec ce chien, lui qui d’habitude est un vrai feignant, il se lève d’un bond et m’attend déjà devant la porte. Nous partons au parc à deux rues de chez moi pour courir, lui pour ce dépenser moi pour me vider la tête. Ces enfoirés ont foutu assez la merde comme ça, je ne peux pas les laisser continuer. Ambre doit comprendre que ce qui me servait de frère est un e****é manipulateur et qu’aucun avenir n’est possible avec lui. Quitte à devoir employer la manière forte … Chapitre 3 Amel Bent : Je reste seule Ambre Depuis le départ de Benjamin ce matin, j’ai passé mon temps à pleurer. Personne ne me comprend ni ne comprend que Julien est innocent ! Le docteur Malcot est venu nous voir Opale et moi, mais je n’ai pas écouté ce qu’il me disait. Je m’en fous de ce qu’il peut dire, je sais l’essentiel, ma fille va bien. Je veux partir d’ici, être seule avec elle et qu’on nous laisse. Mon repas est encore devant moi quand quelqu’un tape à ma porte. J’ai envie de crier que je veux être seule, mais dans un hôpital c’est peine perdue … Elle s’ouvre sur une femme que je ne semble pas connaître. Elle me sourit en refermant la porte derrière elle. Je la regarde s’avancer, regarder rapidement ma fille avant de me tendre la main avec un grand sourire.
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