XXXLOTI À IZEDDIN-ALI, À STAMBOUL Brightbury, 20 mai 1877. Mon cher Izeddin-Ali, Me voici dans mon pays, bien différent du vôtre ! sous les vieux tilleuls qui m’ont abrité enfant, dans ce petit Brightbury dont je vous parlais à Stamboul, au milieu de mes bois de chênes verts. C’est le printemps, mais un pâle printemps : de la pluie et de la brume, un peu comme est chez vous l’hiver. J’ai repris l’uniforme d’Occident, chapeau et paletot gris, il me semble par instants que mon costume, c’est le vôtre, et que c’est à présent que je suis déguisé. J’aime ce petit coin de la patrie cependant ; j’aime ce foyer de la famille que j’ai tant de fois déserté ; j’aime ceux qui m’aiment ici, et dont l’affection rendait douces et heureuses mes premières années. J’aime tout ce qui m’entoure, même cet

