XXIINous dînons sous les porches de la rue du Sultan-Sélim. Il est déjà tard pour Stamboul ; les Turcs se couchent avec le soleil. L’une après l’autre, les étoiles s’allument dans le ciel pur ; la lune éclaire la rue large et déserte, les arcades arabes et les vieilles tombes. De loin en loin un café turc encore ouvert jette une lueur rouge sur les pavés gris ; les passants sont rares et circulent le fanal à la main ; par-ci par-là, de petites lampes tristes brûlent dans les kiosques funéraires. Je vois pour la dernière fois ces tableaux familiers ; demain, à pareille heure, je serai loin de ce pays. – Nous allons descendre jusqu’à Oun-Capan, dit Achmet, qui a ce soir encore l’autorisation de faire le programme ; nous prendrons des chevaux jusqu’à Balate, un caïque jusqu’à Pri-pacha, et

