Sans réponse

996 Words
Bientôt, c’est loin. Mon téléphone vibre. Elena, 8h02 : _Bjr. Comment tu vas ?_ Moi, 8h05 : _Ça va. Et toi ?_ Elena, 8h10 : _Ça va. Le boulot me tue._ Moi, 8h12 : _Désolée._ C’est ça, nos conversations. Des banalités. Des _ça va_ sans _comment_ ni _pourquoi_. Pas de _je t’aime_. Pas de _je pense à toi_. Juste des mots. Je bloque l’écran. Je n’ai plus le temps pour ça. *Mon bureau - 10h30* Je bosse. Je signe des contrats. Je fais des chiffres. Et j’avance. J’essaie d’oublier la promesse d’Elena, qui m’énerve de plus en plus. Je rentre un soir et, comme pour me détendre, je m’arrête encore dans ce fameux café au bord de la plage. Je repense au jour où j’ai rencontré Lina. Mon esprit me dit de la contacter. Alors je prends mon téléphone et j’hésite. _Téléphone en attente…_ — Enfin tu décides de me rappeler. — _(je ris un peu)_ Ouais ! Justement, je suis à ce fameux café et j’ai pensé à toi. — Tu veux m’inviter ? — Si tu es libre. Pourquoi pas ? — D’accord, je ne suis pas loin de là. J’arrive tout de suite. Sa facilité au téléphone me donne l’impression qu’on se connaît depuis longtemps. Je fais un tour aux toilettes pour me remettre en ordre et vérifier si ma tenue va bien, arranger ma coiffure. Tout était ok. Je retourne m’asseoir et commande un truc à boire, histoire de tuer le temps en l’attendant. Quelques minutes après, je la vois débarquer à la porte. Un jean taillé, chemise légère, cheveux au vent comme j’aime. Son sourire, son décolleté presque volontaire... elle marque tout le monde à son passage. On aurait dit un spectacle. Elle s’approche et me fait la bise, gauche, droite. — Tu es ravissante. — Merci. — Je me croyais à un défilé de mode. — Tu exagères. — Parce que c’est vrai. — Alors, dis-moi ce que tu fais là. — Franchement, je ne sais pas. Je rentrais du travail et puis j’ai décidé de m’arrêter ici. Et du coup, tu m’es venue à l’esprit. — Intéressant. Moi je pensais que tu n’allais plus m’appeler ni m’écrire. Ça fait déjà 3 mois que je n’ai plus de tes nouvelles. — Et bah comme tu vois, c’est le temps qui est maître. J’avais pas le temps, tu vas m’excuser. — T’inquiète, j’avais bien compris. Qu’est-ce que tu bois ? — Chocolat chaud. T’en veux ? — Oui, je veux bien. _Je me sens plus à l’aise ici. J’ai envie de l’inviter à rentrer chez moi. Mais je ne sais pas si elle va refuser. Je dois essayer. Tout ce que je vois maintenant, j’ai l’impression que c’est provoqué : ses seins mis en valeur, sa façon de parler, son regard séduisant... Bah je me lance._ — Ok, et si on le prenait chez moi ? — Chez toi ? — Ouais, chez moi. Je ne me sens plus à l’aise ici. — Bah je ne sais pas. C’est où ? — Juste après chez toi, c’est à 30 minutes d’ici. — Ok, allons-y. *18h à la maison* Je fuis son regard à l’arrivée pour éviter les _waouh, c’est hyper grand, tu vis seule ?_ et on entre. Silvia, comme d’habitude, vient nous accueillir. — Je monte, j’ai besoin d’un bain. Je te reviens bientôt. Mets-toi à l’aise. Si tu as besoin de quoi que ce soit, fais signe à Silvia. Je reviens vite. Je m’éclipse pendant 30 minutes et je redescends. Tout est prêt pour le dîner. On dîne et on va s’installer au bord de la piscine. — Tu vis dans cette villa toute seule ? — Oui, c’est mon calvaire quotidien mais je m’y plais. Alors, parle-moi un peu de toi. — Qu’est-ce que tu veux savoir de moi ? — Ce que tu fais, par exemple. — Bon, j’ai monté ma propre boîte de conseil. Je gère des dossiers pour des entreprises : restructuration, développement, rachats. Je bosse plus avec des PME et des startups. — Bravo, c’est génial. On ferait de très bonnes affaires. Moi je fais dans la tech-digital et, crois-moi, je suis la meilleure de la région. Mon niveau n’est plus de travailler, mais de signer des dossiers. Mon acharnement et mon dévouement au boulot m’ont poussée à développer des stratégies simples et pratiques pour aller plus loin et gagner plus. — Ta villa est la preuve vivante. Cela dit, tu n’as même plus besoin d’aller au bureau. — Justement, mais je dois être sur mes gardes car peu importe comment le plan est solide, il y aura toujours une petite faille. Et je m’ennuie parfois. Voilà les deux raisons qui me poussent à m’y rendre. — T’as raison. Pourquoi tu n’as pas de compagnie ? — Je ne sais pas, je cherche encore. Et toi ? — Mon copain m’a larguée parce qu’il pensait que je le trompais. Depuis, j’ai envie de changer d’horizon, de voir ailleurs, car les hommes sont tous des connards. — Changer d’horizon ? Je ne comprends pas. — Ouais je sais, c’est un peu bizarre. J’espère que tu ne vas pas mal le prendre. — Vas-y. — Essayer avec les filles. — Tu es sérieuse ? — Oui ! Justement, c’est pour ça que je t’ai approchée la dernière fois. — Bizarrement, je l’avais ressenti. Et c’est quoi la suite ? — Je ne sais pas. Qu’est-ce que toi tu veux ? — _(avec un sourire diabolique_je plante mes yeux dans sa poitrine souris méchant) Mauvaise idée, parce que moi j’aimerais là, tout de suite, te b****r. Et la suite, je ne sais pas. — Tu vois que ça a marché. J’ai fait exprès tout ça pour te séduire. — Finalement, tu es plus maligne que moi. — Ouais, surtout quand je veux obtenir un truc ou une satisfaction. — Tu viens ? On va dans ma chambre. En montant les escaliers je pense à Elena. [A suivre…]
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