Chapitre 34Les quatre marins qu’elle avait convoqués avaient pris de l’avance. Ces gaillards devaient avoir l’habitude de se lever tôt ! Ils attendaient devant le portail de la gendarmerie, les mains dans les poches, la tête rentrée dans les épaules comme ils devaient se tenir par gros temps au coin de la criée de Lorient en se demandant s’ils sortiraient en mer ou pas. Là, ils se disaient qu’ils auraient préféré affronter un bon force 8 en mer d’Irlande plutôt qu’un gendarme dans sa gendarmerie à Roscoff. Mais le vin était tiré, il fallait le boire. Anna Tanneau était là, elle aussi. De temps en temps, ils échangeaient de brèves phrases. Mary et Fortin s’approchèrent et elle les salua avec un enjouement qui tranchait sur leur morosité : — Eh bien, je vois que vous êtes à l’heure. Si vou

