Le vendredi arriva comme une respiration qu’on attend sans l’avouer. La journée au manoir se déroula avec la lenteur habituelle : rapports lus, décisions prises, voix basses dans les couloirs. Mais Lena avait cette sensation étrange dans la poitrine — pas de l’impatience, pas de curiosité — juste ce besoin discret d’un endroit calme. D’un lieu qui ne parlait pas de sang, ni de menaces, ni de guerres qu’on ne voit pas. Elle sortit en fin d’après-midi. Liu la raccompagna jusqu’au hall. Il ne disait rien, mais son regard restait sur elle un peu plus longtemps que d’habitude. — Tu rentres dans deux heures, dit-il d’une voix posée. Elle hocha la tête. — Oui. Il la regarda encore. Comme s’il voulait vérifier qu’elle existait vraiment devant lui. Comme s’il avait peur… qu’elle disparaiss

