Ils étaient arrivés à Bohicon le dimanche soir, après minuit. L’exaltation était tombée. Ils avaient dormir, courbés en deux, sur la banquette de bois , dans le wagon mal éclairé; l’entrée en gare, le fracas des plaques tournantes, venaient de les éveiller en sursaut; ils étaient descendus sur le quai, les yeux clignotants, silencieux, inquiets, dégrisés. Il fallait coucher. En face de la gare, du côté ouest du marché, sous un globe blanc portant l’enseigne “Hôtel", s’était “NIFUR HÔTEL ”, un tenancier y était et guettait les clients. Maï, le plus assuré des deux, avait demandé deux lits pour passer la nuit à Bohicon. L’homme, méfiant par principe, avait posé quelques questions. (Tout était préparé pour Maï : à la gare de Cotonou son père avait oublié de la remettre un colis, car il avai

