Les cloches sonnent deux heures de l’après-midi dans le ciel cristallin que croisent les premières hirondelles. Maria est déjà devant la porte du dépôt où elle va travailler. Le battant de bois usé s’ouvre devant Josefina, la contremaîtresse. - Ah ! C’est toi, Maria, entre, l’invite-t-elle. Tu te mettras là, regarde ! Les seaux pleins d’anchois sont disposés près d’une longue table. Les femmes doivent les prendre, les laver, les nettoyer, enlever têtes et tripes, les tremper, sanguinolents, dans l’eau claire et froide puis les aligner dans le gros sel. Quand une caisse est pleine, elles la saisissent à pleins bras, vont la déposer au fond de la pièce, et recommencent. Le sol est mouillé, eau et sang de poisson mêlés. L’odeur d’anchois imprègne tout. Les bancs sur lesquels les ouvrières s

