Alexandra
— « Que me vaut cette aimable visite, Marie, ou plutôt Lexy ? », me demande-t-il avec un sourire que je connais trop bien.
— « Bonsoir Lucas, comment tu vas ? »
Le c*****d éclate de rire.
— « Arrête, sœurette, ça ne te va pas toute cette gentillesse », me dit-il, son ton sarcastique transperçant. « Qu’est-ce que tu veux ? »
Je ressens une nausée qui monte en moi, mais je fais de mon mieux pour garder mon calme.
— « En fait, je suis venue te voir parce que, parce que… », commence-je, et mon ventre se met à gronder de faim.
Je n’ai rien avalé depuis ce matin. Il se lève de sa chaise et se dirige vers la sortie, me laissant là, hésitante, me demandant si je dois le suivre ou non.
— « Qu’est-ce que tu attends ? », lance-t-il d’un ton impérieux.
Je roule les yeux, me rappelant ma règle numéro trois : ne pas le laisser m'atteindre. Je le suis, malgré la sensation d'être une marionnette entre ses mains, jusqu’à un restaurant où je suis sûre qu’un simple repas coûte la moitié de mon loyer.
— « Tu prends quoi ? », me demande-t-il d’un air décontracté.
— « Je ne prends rien », réponds-je rapidement.
Comme si j'avais de quoi me payer un repas ici. Mais il passe sa commande, et, sans me demander mon avis, commande la même chose pour moi.
— « Je t’invite, sœurette », me dit-il, en me scrutant pour voir si je me doute de son petit jeu.
Je ne réponds pas. Que puis-je dire ? Il veut me faire passer pour une fille qui profite de lui.
— « Tu sais qu'il n'y a plus aucun lien entre nous ? », lui dis-je, espérant qu'il me laisse tranquille.
— « Tu es et resteras ma demi-sœur, Lexy », me répond-il avec un sourire dégoûtant.
Son esprit vicieux rend la situation encore plus insupportable.
Nous mangeons en silence. Il me fixe de ses yeux glaciaux, mais je reporte toute mon attention sur mon assiette, cherchant à fuir cette pression invisible qui m’étouffe.
— « Comment ça se passe pour toi à LA ? », finit-il par demander, brisant enfin le silence.
— « Bien. Malgré que mon s****d de demi-frère refuse mes appels. »
Je ne peux pas m'en empêcher. C'est plus fort que moi.
Nous finissons de manger dans un silence gêné.
— « Merci de m'avoir invitée », lui dis-je, en essayant de cacher ma colère.
— « Je t’en prie, sœurette. Maintenant, raconte-moi ce que tu veux de moi, car je suis sûr que ce n'est pas ma compagnie », me dit-il, un air triomphant sur le visage.
Je prends une grande inspiration, essayant de maîtriser mes émotions.
— « J’ai beaucoup réfléchi, et je suis prête à te pardonner et à laisser le passé derrière nous. Nous pouvons repartir sur de bonnes bases », lui dis-je, tout en me forçant à y croire moi-même.
Je m'arrête, lui laissant le temps de réagir, mais il ne dit rien, il me fixe sans émotion.
— « Tu en penses quoi ? », finis-je par demander, espérant qu'il me dise quelque chose, n'importe quoi.
— « Je pense que tu te fous de ma gueule », me répond-il, sans la moindre trace de bienveillance. Son sourire charmeur s’efface, laissant place à une colère froide. « Maintenant, Lexy, dis-moi vraiment ce que tu veux, ou je me casse d'ici. »
Je ferme les yeux un instant, me préparant à ce qui m’attend.
— « D’accord, désolée. J'ai besoin que tu me prêtes de l'argent jusqu'à ce que je reçoive mon héritage. Juste 2 000 dollars, je t’en serais reconnaissante », lui dis-je, la gorge serrée.
— « OK, je te ferai un virement », répond-il sans hésitation, comme s'il venait de faire une faveur.
Quoi ? C’est aussi simple que ça ? Trop facile… Il doit y avoir un piège.
— « Par la même occasion, je voudrais te parler du testament. Je suis prête à te laisser la maison familiale ainsi que 10 % de tout ce que je recevrai, si tu me laisses le contrôle de mon héritage », lui dis-je, le cœur battant.
Il me regarde, un sourire carnassier se dessinant sur ses lèvres.
— « Je ne suis pas intéressé, sœurette. Et ça me brise le cœur que tu sois prête à perdre tout cela juste pour ne pas me voir. »
Je déteste ce sourire. Ce sourire qui me fait croire que je suis faible, qu'il me tient dans sa main.
— « Non, ce n'est pas ça. Je sais que tu es occupé et que tu ne veux certainement pas parler à une personne aussi stupide que moi », lance-je, essayant de masquer la douleur. « Et que penses-tu de 20 % ? »
— « Toujours pas intéressé. »
Je sens les larmes monter. Combien de fois je lui ai tendu la main ? Combien de fois m'a-t-il laissée dans l'ombre, sans une once de compassion ?
— « Combien veux-tu ? », lui demande-je, prête à lui donner la majeure partie pour juste qu'il me laisse vivre en paix.
— « Rien, sœurette. »
Il paie l'addition, se lève, et avant de partir, il me lance :
— « À très bientôt, Lexy. Je sens qu’on va bien s’amuser. »
Je me fige, ne sachant pas si je dois pleurer ou crier. Il s’approche et m’embrasse près de la lèvre, un b****r glacial et calculé. Je me force à ne rien montrer, à ne rien ressentir. Il me sourit puis quitte le restaurant. Je fais de même, mais chaque pas me semble plus lourd que le précédent.
Quand je rentre chez moi, je vois une notification de transfert sur mon téléphone. Je reçois 5 000 dollars. Cinq mille dollars. Ce n’était pas ce que j’avais demandé, mais pourquoi une somme aussi élevée ? Je ne sais pas quoi en penser. Peut-être que Marie a raison : il ne me laissera pas dans le besoin. Mais connaissant Lucas, rien n'est jamais gratuit.
Je lui envoie un message pour le remercier, mais il ne répond pas.
Trois mois passent. L’héritage a été divisé. L’avocat m’a informée, et Marie m’a appelée pour me dire d’aller vivre chez mes parents, ce que j’ai bien sûr refusé. J’ai pris une décision. J’ai réfléchi à ce que je voulais faire, et je me suis inscrite à une école de design d’intérieur, et en même temps, en gestion. Le premier, pour moi, le second, dans l'espoir que mon père serait fier de moi là où il est. Je ne sais pas si ça me plaira, mais j’espère finir le plus rapidement possible pour ne plus avoir à dépendre de Lucas. D’ailleurs, j’ai appris qu’il avait réaménagé dans la maison familiale et qu’il dirige maintenant la compagnie de mon père.
Je lui envoie un message pour lui faire savoir que j’ai besoin de payer mes frais de scolarité, mais je ne veux pas qu’il sache à quel point je me sens perdue. Il me répond une semaine plus tard, m’ordonnant d’envoyer ma preuve d’inscription. Le problème, c’est que je ne suis plus en médecine. Je tente de l’appeler, de raisonner avec lui, mais rien. Et comme d’habitude, la chance me fuit. Le café où je travaillais ferme ses portes, et me voilà sans emploi, à un mois de la rentrée scolaire.
Je n’ai plus de solution. Il est 20h, je décide de me rendre chez nous, espérant qu’il ait un peu de pitié. Peut-être qu’il me comprendra enfin, lorsqu’il saura que j’ai lâché la faculté de médecine. Malgré ses défauts, il a toujours été là quand mon père me rappelait à quel point je le décevais.
En entrant dans le salon, ce ne sont pas des mots qui m’accueillent, mais des rires de femme. Je les reconnais. Il est là, avec sa secrétaire, nue, à genoux entre ses jambes, lui faisant une f*******n.