Arrivé dans mon pays

1027 Words
Je venais donc ainsi d'arriver dans mon pays natal et d’origine, le Cameroun. Je descends de l’avion et je me dirigeais vers la salle d’attente, quand j’aperçus mon oncle et Junior qui m’y attendaient déjà. - ONCLE : Te voir derrière un écran, c’est une chose, mais te voir en vrai en est une autre… Mais c’est que tu es tout un gaillard là. Bref, comment était le vol ? Junior, cherche quelqu’un là qui va nous aider avec tes valises. - DILANE : Ça a été… J’ai trouvé ça plutôt court puisque j’ai passé le temps à dormir. - ONCLE : Ah, d’accord… Tu n’étais pas trop serré. - DILANE : Pas du tout, maman m’a prise une place en première classe. Pendant que nous étions en train de parler, Junior avait déjà trouvé un porteur qui nous accompagnait avec mes valises et puis on arrive enfin à sa voiture. Quand je la vis, le souvenir de l’avoir vue une fois m’était revenu. Et en effet, il y a trois ans de cela, mon père avait prévu d’en acheter une du même modèle, donc il l’avait fait, et c’était pour son frère. Une fois mes valises chargées, mon oncle donna un pourboire au porteur et nous partîmes. - ONCLE : J’espère que ma voiture te plaît ? - DILANE : Oui, c’est un très joli modèle. - ONCLE : Oh oui, je suis très fier de cette voiture. Ton père me l’a offerte il y a déjà trois ans. C’est mon bien matériel le plus précieux. Alors fais-y bien attention si jamais, tu envisages de la prendre pour t’amuser. - JUNIOR : Il ne plaisante pas, Dilane. J’ai passé trois jours en cellule pour avoir endommagé son phare… Et j’ai dû rédiger une lettre d’engagement. J’avoue que cela m’avait amusé. Trois jours en cellule et une lettre d’engagement. Il devait vraiment tenir à sa voiture. Il faisait très chaud et avec les embouteillages, le trajet semblait interminable. Je finis par faire une sieste et lorsque je me réveillai, je pus lire sur un panneau : « BIENVENUE À KRIBI ». - DILANE : Kribi ? - JUNIOR : Oui, c’est ici que nous habitons. - ONCLE : C’est également ton village ici. - DILANE : D’accord. Lorsqu’on finit par arriver à la maison, je pus constater qu’elle était moins grande que notre maison à Londres, bien qu’elle correspondît à la description que ma mère m’avait faite. Mon oncle se mit à klaxonner, mais personne ne vint ouvrir le portail. Finalement, Junior sortit du véhicule et ouvrit lui-même le portail pour nous permettre d’entrer. Pendant ce temps, mon oncle avait déjà entamé la conversation depuis la voiture. Ou plutôt, il se parlait à lui-même. - ONCLE : Cette maison, c’est le typique de ta mère. Tu vas entrer et la trouver assise à ne rien faire… Elle ne sait même pas où sont les enfants… Elle passe son temps dans les salons de beauté de la ville ou au téléphone. C’est tout ce qu’elle sait faire. Je ne peux même pas m’absenter deux jours, sinon ce serait la catastrophe. On va m’appeler pour me dire que quelqu'un est mort. Le portail ouvert, nous pûmes enfin entrer. Au début, n’étant pas encore habitué à leur langage et leur manière de s’exprimer, j’avais pris au mot quand il avait dit « ta mère ». J’avais vraiment cru qu’il parlait de ma propre mère, mais en réalité, il décrivait plutôt le comportement de sa propre femme et mère de ses enfants. Junior était l’enfant né de son union avec sa première femme, désormais décédée depuis quelques années. Celle dont il se plaignait là était apparemment paresseuse, hautaine, insolente, méprisante, et avait du mal à s’entendre avec les gens, du coup, elle détestait presque tout le monde… Quelque part, mon oncle savait qu’avec elle ça n’allait pas le faire, c’est pourquoi il m’avait très vite dit de venir souvent vers lui lorsque j’aurai un quelconque souci. Nous étions en train de sortir de la voiture quand il s’est approché. - ONCLE : Euh… Mon grand, à chaque fois que tu auras des soucis, peu importe lesquels, tu m’en parles hein… Ou bien, tu vois d’abord Junior. D’un hochement de la tête, je lui avais répondu. Ensuite, nous sommes entrés. Désormais dans sa maison, nous étions six au total. Parmi eux, mon oncle et sa femme, Junior l’aîné qui comme je vous l’ai déjà dit était le fils de mon oncle, mais pas celui de sa femme Tiffany. Il y avait aussi une autre fille âgée de 15 ans à peine, Marie-Louise. Elle avait une nervosité perpétuelle due au début de l’adolescence qui la dérangeait. Enfin, il y avait Amanda, la plus adorable, mais aussi la patronne de la maison. La différence sautait aux yeux, mon cousin Junior était vraiment très à part. Il était différent de tous les autres enfants de ma belle-tante. Ça m’aurait plu de connaître sa mère pour savoir quelle femme gentille elle était. D’ailleurs, je me souviens m’être promis de demander à ma mère de me parler un peu de sa mère, car j’étais certain qu’elles avaient dû être de grandes amies. La maison était grande et comptait en tout huit chambres, dont une m’avait été attribuée. J’avais fait le choix moi-même après avoir visité les quatre disponibles. La maison était un duplex non loin de la plage, et ma chambre avait une fenêtre qui me donnait une vue incroyable sur la mer. La maison était entourée d’une grande barrière qu’il serait difficile d’escalader pour n'importe quel voleur, puisque au-dessus de celle-ci se trouvaient des fils barbelés. Peut-être étaient-ils électrifiés, mais je n’ai jamais vraiment eu l’occasion de le confirmer. Mon père n’avait jamais apprécié se retrouver à côté de l’eau. Autrefois, il avait failli se noyer dans l’océan et par conséquent en avait gardé des marques psychologiques. Du coup, je n’avais jamais eu une telle vue sur la mer ou même sur l’océan. Tout ça me plaisait bien. L’ambiance de la nouvelle maison ne me déplaisait pas tellement. En fait, je me sentais moins étranger comme j’avais imaginé et je m’apprêtais à passer ma première nuit.
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