J’avais tellement mal au corps. N’ayant rien ne dit à personne, je souffrais en silence dans ma chambre, à chaque mouvement que je pouvais faire.
Soudain, j’entendis ma fenêtre coulisser doucement. Une douce fraîcheur envahit petit à petit, l’air de ma chambre. Je savais déjà que c’était encore elle.
- DILANE : Qu’est-ce que tu me veux encore ? Tu es venue terminer ce que tu as commencé ? Ne te gêne pas... Je ne vois pas comment tu pourrais me faire pire...
Comme elle ne répondait pas, je finis par me tourner pour la regarder. Elle était assise sur mon lit, sa queue étalée. Lorsque je plongeai mon regard dans le sien, je remarquai qu’elle n’avait plus ce regard furieux, ni même un regard satisfait. Son regard exprimait une profonde tristesse.
- DILANE : Tu ne vas pas me faire le coup de celle qui regrette… Qu'est-ce que c'est que cette tristesse dans ton regard ? Si tu veux rester plantée là, alors fais-toi plaisir.
Après ça, je me retourne et reste couché. Je ne savais même pas comment j’allais passer la nuit et partir en classe demain sans que personne ne remarque mon état. La douleur rendait la réflexion difficile, mais je cherchais déjà ce que j’allais dire quand on me demanderait d’où venaient toutes ces blessures.
Je ne prêtais plus attention à sa présence quand j’ai soudain senti sa main se poser sur mon avant-bras. J’ai immédiatement eu peur, car j’étais persuadé qu’elle voulait maintenant me casser le bras. Je me suis donc rapidement retourné au point où j’étais tombé de mon lit.
Mon cœur battait à tout rompre, mes muscles s'étaient tendus en un instant, prêts à la fuite malgré mes blessures.
- DILANE : Non, je t’en supplie… Arrête ! Ne me fais plus de mal… Je te…
Même si je m’étais mis sur la défensive, je la suppliai de m’épargner. Mais, en croisant une fois encore son regard, je compris que ce n’était plus ce qu’elle voulait. Ses yeux, autrefois flamboyants de fureur meurtrière, étaient maintenant noyés dans un océan de tristesse. Je me sentais même coupable d’avoir réagi de la sorte. Par empathie, je me rapprochai d’elle et m’assis sur le lit.
Que voulait vraiment Kaï-Lani ? Je me posais maintenant intérieurement cette question.
Assis près d’elle sur le lit, je n’ose plus la regarder quand je sens qu’elle prend ma main pour la tenir dans la sienne. Avec son autre main, elle entrelace ses doigts aux miens et après quelques minutes, de l’eau commence à s’écouler de ses doigts pour parcourir ma main, puis tout mon corps, apaisant toutes les parties douloureuses. Ensuite, elle rapproche ma tête contre sa poitrine, m’installant dans une position semblable à celle d’un bébé qu’on nourrit, effleurant mes lèvres du bout des doigts comme pour me demander doucement d’ouvrir la bouche.
Elle place ses doigts devant ma bouche, d'où s'écoulent quelques gouttes d'eau… Une eau très fraîche et légère presque semblable à de l’eau de roche, mais pour être honnête jamais une telle eau avait coulé le long de ma gorge. Puis tout en douceur, elle s’approche pour m’embrasser, le fait, et par la suite, je sombre dans un profond sommeil, avec sous mes yeux son regard d’une beauté infinie.
Mon sommeil de cette nuit-là avait été si doux et profond que le matin, j’ai été réveillé par Junior. Je me suis juste rendu compte qu’il était déjà dans ma chambre, prêt pour l’école.
- JUNIOR : Dilane ? Non mais tu fais comment pour être encore endormi à cette heure-ci ? Moi qui croyais que tu étais déjà prêt. Lève-toi vite !
- DILANE : Hein ! Quoi ? C'est déjà le matin ? Il est quelle heure ?
- JUNIOR : Ne demande pas l’heure gars… Va seulement te préparer... Tout le monde l'est déjà. A quelle est-ce que tu as dormi ?
Aussitôt, je saute vigoureusement du lit et à ma grande surprise, je ne ressentais plus aucune douleur nulle part. Même pas la moindre migraine. Je m’arrête brusquement me demandant comment c’est possible en remuant doucement mon corps pour vérifier quand Junior qui s’était retourné me demande.
- JUNIOR : Tu es en train faire quoi là ? Je te rappelle qu’on va être en retard hein.
- DILANE : Désolé… Je me dépêche.
J’avais vite fait de courir prendre un bain et pendant qu’ils étaient en train de prendre leur petit déjeuner moi, je me préparais pour l’école. Je n’avais pas eu le temps de moi-même prendre le petit déjeuner. D’ailleurs quand je sors de la chambre, ils étaient déjà tous en train de m’attendre.
- ONCLE : Mais Dilane, qu’est-ce qui s’est passé aujourd’hui ? Tu as fermé tard hier ?
C’était bien sûr sa façon à lui de me demander si j’avais veillé tard. J’étais encore en train de chercher quelle réponse lui donner quand sa femme reprit :
- TIFFANY : Voilà déjà les mauvaises habitudes qu'il veut commencer. La prochaine fois, ce sont tes pieds qui vont t’amener à l’école.
Ses paroles m’avaient beaucoup gêné, car je ne savais même pas quoi lui répondre, ni si je devais même lui répondre. Heureusement, c’est Junior qui vient derrière moi et me dit :
- JUNIOR : Tu n’as pas déjeuné. Prends ça. (Il me remet deux croissants emballés dans un mouchoir de table en tissu). Tu peux les manger dans la voiture pendant le trajet. Allons-y vite... Avant que la sorcière ne dise encore d'autres mots inutiles. Termine t-il en murmurant.
Junior m'avait donc délivré de cette gêne occasionnée par les mots de ma belle-tante et nous partîmes pour l’école.
Quelques minutes plus tôt, après avoir fini de me préparer pour l’école, je m’apprêtais à sortir de la chambre quand mon regard tomba sur le bijou de Kaï-Lani près de mon oreiller. Je l’ai pris pour le ranger soigneusement.
Puis, par la suite, je suis resté tranquille, attendant ce qui allait se passer plus tard… J’avais peur, surtout de mourir maintenant que je savais à quel point elle pouvait être dangereuse. Mais néanmoins, j’espérais toujours avoir la paix.