Elle est de nouveau là

986 Words
D’habitude, lorsque je sentais sa présence, j’étais pris de peur. Mais cette fois-là, une étrange sensation m’envahit. Loin d’être effrayé, je ressentis un soulagement et un bonheur immenses à sa vue. Je la contemplai, comme si je me trouvais dans un rêve dont je ne souhaitais jamais me réveiller. Assise sur mon lit, sa queue imposante s’étalait le long du drap. De temps à autre, elle la balançait doucement. Sa peau écailleuse, scintillante à partir de la taille, contrastait avec ses cheveux mouillés qui retombaient sur ses épaules, voilant légèrement sa poitrine. Son allure était… indescriptible. Je sentais une étrange attirance grandir en moi, flirtant avec l’idée d’être amoureux d’elle. Pendant que je la contemplais, elle prit la parole. - KAÏ-LANI : J’ai remarqué que tu me cherchais depuis un moment déjà… Alors, me voilà. (Un très beau sourire illuminait son visage.) - DILANE : Euh… oui, c’est vrai… Il fallait absolument que je te parle pour te demander quelque chose. J’espère que cela ne te dérange pas ? Vous ne saurez imaginer à quel point une sirène peut vous faire oublier, en un instant, l’existence de toute beauté qui pourrait peut-être la surpasser. La manière dont son corps scintillait sous la lumière lunaire était tout simplement envoûtante. - KAÏ-LANI : Bien sûr que non… Au contraire, je suis même plutôt bien contente d’être ici ! Sans un mot de plus, je me rapproche d’elle et m’assieds à ses côtés. Je l’observe de plus près, captivé par sa beauté, au point qu’elle finit par me questionner : - KAÏ-LANI : Souhaites-tu la toucher ? J’avais hésité à tendre la main, mais son regard direct dans mes yeux me rassura. Elle prit ma main et la posa délicatement sur sa poitrine. Puis, d’un mouvement doux, elle la guida vers sa taille où elle la laissa reposer. Enhardi, je poursuivis mon exploration jusqu’à sa queue. - DILANE : Une sirène ! C’est donc à ça que ça ressemble ! J’en avais déjà entendu parler, mais je n’y croyais pas vraiment. Jamais je n’aurais imaginé que de telles créatures puissent exister. Ma mère, quant à elle, vous redoute. - KAÏ-LANI : Je comprends, mais c'est tout naturel, nous n'appartenons pas au même monde. Nous sommes différents de vous, tant physiquement que par bien d’autres aspects, y compris spirituels. Tu comprends ce que je veux dire ? - DILANE : Oui, j’en ai une vague idée. - KAÏ-LANI : En tout cas, nous sommes très distincts de vous. - DILANE : Et que fais-tu donc ici, dans ce monde qui n’est pas le tien ? - KAÏ-LANI : Ne pas y appartenir ne signifie pas que nous ne pouvons pas y venir ! Il y a ici des beautés qui nous attirent et que nous chérissons. De belles choses comme… toi, par exemple. - DILANE : Des beautés… Comme moi... Pourtant, ici, j'ai remarqué qu'on vous fuit et on vous considère comme des créatures maléfiques. Très maléfiques même… Et pour être honnête, je ne suis pas loin de partager cet avis. - KAÏ-LANI : Tu sais, notre histoire est longue et complexe. Tu pourrais douter de mes paroles, mais il fut un temps où nous vivions en harmonie, chacun dans son monde, sans jamais nous chercher. Malheureusement, des conflits de pouvoir ont éclaté lorsque certains d’entre vous ont commencé à nous exploiter ou à s’allier à d’autres créatures comme nous… Et de ces conflits sont nés des tensions. Sinon, nous ne sommes pas tous malveillants, la plupart des humains qui rencontrent des sirènes croisent des individus peu recommandables, animés par des intentions malveillantes. - DILANE : De quelle manière vous exploitent-ils ? - KAÏ-LANI : Le plus souvent, c’est pour se protéger, pour accomplir des rituels ou pour d’autres raisons inavouables. Il suffit qu’ils soient plus puissants que nous pour nous transformer en proies. - DILANE : Je comprends donc qu’il y a des humains que vous craignez… Tout comme tu as eu peur de Junior et ses acolytes la dernière fois. - KAÏ-LANI : Oui, en effet… Mais tu sembles ne pas le connaître beaucoup ? - DILANE : Qui, Junior ?! Je sais tout sur lui, ne t’inquiète pas. Pendant notre conversation, je ne pouvais m’empêcher de toucher sa queue ou de la caresser. - DILANE : C’est tellement fascinant… Et toi alors, qui es-tu ? Pour ma part, je te perçois un peu comme une méchante. J’ai besoin d’être rassuré. - KAÏ-LANI : Moi, méchante ? Hihihi ! Si tel était le cas, il y a bien longtemps que je t’aurais éliminé. - DILANE : En tout cas, la dernière fois dans les toilettes, j’ai cru ma dernière heure arrivée. - KAÏ-LANI : Tu y repenses encore ?! Je pensais que nous avions convenu de ne plus évoquer cet incident. - DILANE : Ah bon ?! Eh bien… Parle pour toi. Tu ne m’as pas manqué, c’est certain. Mais… Tu m’as aussi embrassée ce soir, ou bien ai-je rêvé ? - KAÏ-LANI : Si tu le souhaites, je peux recommencer. - DILANE : Hmmmh… Cela me tente, mais je crains de ne pas être encore psychologiquement prêt. Dis-moi plutôt ce qui t’a attirée chez moi. - KAÏ-LANI : Je ne saurais vraiment te dire… Mais lorsque je t’ai vu, j’ai ressenti une attirance particulière pour toi… J’avais déjà été attirée par d’autres, mais jamais, je n’avais établi de contact avec eux. Avec toi, c’était si différent que je me suis dit que s’il existe des sirènes bienveillantes, alors il doit sûrement exister aussi des humains bienveillants ! C’est ainsi que j’ai brisé mes barrières pour t’approcher. - DILANE : Je vois… J’ai encore une question pour toi. Depuis qu'elle était dans ma chambre, je n'avais pas encore pu vraiment lui poser la question qui m'a fait la chercher pendant des jours. Et maintenant, je m'apprêtais à le faire, même si quelque part, je connaissais déjà la réponse.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD