Il entre, il nous regarde puis il me dit :
- JUNIOR : Dilane, tu peux venir une minute s'il te plaît.
En me levant pour suivre Junior à l'extérieur, Kaï-Lani me retient par le poignet, elle plonge son regard dans le mien. Je perçois dans son regard la peur. Elle me suppliait de la caché.
Une fois dehors lui et moi, il me demanda si j’avais revu Kaï-Lani.
- DILANE : Pourquoi ? Qu’est-ce qui se passe ?
- JUNIOR : Je vais t’en débarrasser pour toujours. Et elle ne te fera plus jamais de mal.
Il avait l’air sérieux, mais aussi, je me demandais comment il allait faire ça.
- DILANE : Comment tu comptes faire ça ? Tu sais la racler qu’elle m’a donné ?
- JUNIOR : Ne t’en fait pas pour ça… J’ai bien plus de ressources que tu ne l’imagines… Alors, tu l’as vu oui ou non ?
- DILANE : Oui… Justement. C’est elle qui est dans ma chambre en ce moment même. Elle possède le corps de cette pauvre fille.
Ça, c’est que j’aurais voulu dire à Junior ce jour-là, d’ailleurs ça me brûlait même les lèvres. Mais, en dépit de tout, j’avais réussi à oublier tout le mal qu’elle m’avait fait et puis j’avais repensé au fait qu’elle m’avait aussi soigné alors ma réponse à Junior fut :
- DILANE : Non, pas depuis la nuit que je t’ai racontée là.
- JUNIOR : Tu en es sûr Dilane ?
- DILANE : Je ne t’aurais pas raconté ce qu’elle m’a fait si c’était pour la couvrir aujourd’hui ?
- JUNIOR : Hum! Pourtant, on l'a vu se diriger par ici.
Dit-il d’une inaudible.
- DILANE : Tu dis ?
J’avais bien-sûr entendu ce qu’il avait dit, mais je fis comme si ce n’était pas le cas et j’espérais au fond de moi qu’il n’insiste pas et ce fut le cas.
- JUNIOR : Non rien… Tu as raison. Ce serait bête de ta part. Bon… Okay ! Suis-moi à l’extérieur.
On marche jusqu’à hors du portail et je constate qu’il était venu avec d’autres personnes qui semblaient avoir beaucoup de respect envers lui pourtant ils étaient bien plus âgés que lui.
- JUNIOR : Apparemment, elle n’est plus venue ici.
- Il en est certain ? Mais on l’a vu prendre cette direction. Chez qui d'autre aurait-elle pu aller alors ?
Puis un autre dit :
- Mon petit, il ne faut surtout pas que tu nous trompes. C’est pour ton bien. Cette chose est dangereuse et peut même te tuer.
Il ne se faisait aucun doute, ils allaient vraiment faire du mal à Kaï-Lani s’ils réussissaient à mettre la main sur elle. Je n’arrivais plus à penser à ce qu’elle m’avait fait endurer, mais plutôt le bien que m’avaient procuré ses soins. Alors, je réitérai ma réponse.
- DILANE : Croyez-moi, j’en ai déjà fait les frais… Donc, non, j’ai déjà dit à Junior qu’elle n’est plus passée par ici.
- D’accord mon petit. Puisque tu en es certain. Si jamais, tu la revois ou bien que tu ressentes seulement sa présence… N’hésite pas à en parler à ton frère.
- DILANE : Bien sûr ! Je n’y manquerai pas.
- Le cadeau que tu as ramassé, où est-il ?
- DILANE : Hein, quel cadeau ?
- JUNIOR : Tu as dû ramasser quelques choses de très jolies à tes yeux pour qu’elle se permette de venir vers toi, donne-leur. Tu ne dois plus rester avec ça.
- DILANE : Oui, c’est vrai… J’avais ramassé une sorte de bracelets sur la plage.
Junior m’avait accompagné jusqu’à ma chambre et, seulement quand on entre je croise le regard de Kaï-Lani et je lis en lui la détresse. Elle a peur… D’ailleurs, je me disais même qu’elle pensait que je l’avais trahi. Mais je la traverse pour regarder où j’avais rangé ce cadeau, puis je le pris pour remettre à Junior.
- JUNIOR : Okay… C’est vraiment celui-ci ?
Kaï-Lani était toujours assise sur mon lit, mais elle ne nous regardait pas, sans doute par peur. Mais après la question de Junior, j’avais changé d’avis et je lui avais donné un autre bijou que j’avais ramené d’Angleterre.
- DILANE : Euh… Attends ! Non ! En fait… C’est plutôt celui-ci.
- JUNIOR : Hum… Dilane ce n’est pas une blague. Sois sérieux.
- DILANE : Désolé, je me disais que je pouvais peut-être le garder. C'est quand même un très beau bijou.
Junior regarde Dilane, puis Dilane lui parle en lui faisant un signe des yeux et de la tête.
- DILANE : Bon Junior, j'étais un peu occupé avec Danielle avant que tu n'arrives.
- JUNIOR : Oh désolé. Bonsoir Danielle, j'espère que tu vas bien.
Elle regarde brièvement et en guise de réponse, elle hoche juste la tête. Puis, il poursuit en me disant :
- Et maintenant, j’espère que tu y crois. Bon, je ne vous perturbe pas plus longtemps. On se revoit une prochaine fois peut-être Danielle.
Rien qu’un sourire et un autre hochement de tête de sa part en guise de réponse à Junior puis il sort.
J’ignorais ce qu’ils allaient faire avec ça, mais ce qui était certain, c’est que, le véritable bijou, je l’avais gardé.
- KAÏ-LANI : Merci beaucoup !
Me lança-t-elle quelques secondes après que Junior est sorti avec une expiration de soulagement. Puis, elle ajouta.
- Je t’avoue que lorsque je t’ai revue entrer avec le prince, j’ai cru que c’était ma dernière heure.
- DILANE : Hum… Je ne sais même pas pourquoi je l’ai fait. Après tout ce que tu m’as fait subir, j’aurai dû te dénoncer.
- KAÏ-LANI : Je… Je suis vraiment désolée. Tu sais, je ne suis pas mauvaise au fond. Je ne t’ai jamais voulu du mal, mais c’est aussi toi qui m’as poussé à le faire. Tu m’as manqué de respect et défié.
- DILANE : Mais, je ne suis pas obligé d’être ami avec toi… Pourquoi tu refuses de le comprendre ? Tu veux être mon ami en suivant les traditions de ton monde, sans tenir compte du mien. Mais comment… Mais comment peux-tu prétendre à une amitié pareille… C’est… Ce n’est pas normal.
- KAÏ-LANI : Je ne comprends pas (Dit-elle d’une voix triste). Mes intentions sont pourtant bienveillantes. Je me suis senti très mal après ce que je t’avais fait, raison pour laquelle j’étais revenue pour te soigner et te veiller.
- DILANE : Ah oui ?! Maintenant, tu peux considérer que nous sommes quittes dans ce cas. Je me serais senti coupable si jamais je t’avais livré à mon frère… Et il s’appelle Junior… Pas… Prince.
- KAÏ-LANI : Je vois… Tout compte fait, tu as raison. Je vais donc te laisser tranquille. Mais, ce que tu as fait pour moi aujourd’hui vaut bien plus que les soins que je t’ai procurés. Car moi, j’ai juste de réparer un tort que je t’avais fait.
- DILANE : Tu veux dire quoi par là ?
- KAÏ-LANI : Que tu m’as sauvé la vie et je te suis bien plus redevable que tu ne le penses. Mais puisque de moi, tu ne veux pas… Je te promets de te laisser tranquille à partir du moment où je sortirai de ta chambre aujourd’hui.
Ce qu’elle venait de me dire sonnait pour moi comme une bonne nouvelle. J’allais enfin être débarrassé d’elle pour de bon. Mais même si ça me réjouissait, je n’avais pas exprimé ma joie et je me contentai de lui dire.
- DILANE : D'accord. Je te remercie.