Marie-Louise m’avait surpris en train de parler tout seul, mais moi, j'avais encore été plus surpris de voir la personne qui l’accompagnait… Ou plutôt, qu’elle accompagnait.
- MARIE-LOUISE : Je te ramène ta femme. Elle m’a carrément dit qu’elle ne connaissait pas la route de ta chambre. Tu t'en rends compte ?
Puis je vois surgir de derrière elle, Danielle. Je reste là, le regard figé mêlé à de la surprise... choqué, je la regarde sans parler. Je ne savais même pas qui était vraiment là, Danielle ou bien Kaï-Lani. En une minute, un millier de questions m’avaient traversé l’esprit, chacune plus pressante que la précédente.
Après nous avoir observé un moment, Marie-Louise s'en va alors très vite, comme si elle savait qu'un moment crucial se jouait entre Danielle et moi.
- MARIE-LOUISE : Bon, moi je vous laisse en amoureux.
Danielle se tient debout un moment devant la porte de ma chambre, puis elle s’avance et s’assoit près de moi. Je la regarde et elle me regarde dans les yeux. Dans ses yeux, je ne voyais pas la présence de Kaï-Lani, mais je n’en étais pas totalement certain, car, je ressentais tout de même une partie de Kaï-Lani en elle. Le silence devenait tellement pesant que je finis par le briser.
- DILANE : Alors… Quoi de neuf ? Dis-je tout hésitant.
- DANIELLE : Dilane…
À la façon dont elle avait prononcé mon nom… j’ai su que c’était Kaï-Lani l’enthousiasme me fit la prendre dans mes bras sans aucune autre forme de réflexion.
- DILANE : Mais qu’est ce qui s’est passé ? Pourquoi tu…
- DANIELLE : Ton frère est venu me parler.
L’enthousiasme… En effet, ce n’était pas Kaï-Lani, mais bel et bien Danielle. Dans ma précipitation, je ne m’étais même pas rendu compte qu’elle n’avait pas répondu à mon câlin. Alors très vite, je la relâche conscient du malaise qui allait bientôt s'installer entre nous.
- DANIELLE : Écoute Dilane. Je… Depuis quelques jours, je suis très confuse. J’ai l’impression que je n’étais pas moi-même ces derniers mois. À la maison, on m’a expliqué qu’un esprit de l’eau me possédait… Et que maintenant, je n’avais bien sûr plus rien à craindre… Mais pendant cette période, tout le monde me dit que toi et moi, on était très proche… Et j’ai bien peur que ce n’était pas avec moi… Que tu vivais tous ces moments… Afin quand je dis que ce n'était pas avec moi, je veux dire…
- DILANE : Ça va, j'ai compris… Tu es là pour clarifier les choses, c'est ça ? Ne t’inquiète pas. Je comprends.
Je ressentais au fond de moi à cet instant un mélange de soulagement et d'inquiétude. La confusion se lisait bien dans ses yeux, mais également autre chose comme de la tristesse et cela me renvoyait dans mon esprit des souvenirs d'instants partagés, des rires échangés qui semblaient désormais teintés d'une étrange mélancolie au fur et à mesure que je relatais ça dans mon esprit.
- DANIELLE : Je suis vraiment désolée… Mais si tu veux à l’occasion, on pourra faire un truc ensemble… Sortir… Je ne sais pas…. Un truc que…
- DILANE : Non… Ça ira. Les choses devraient rester ainsi. C’est mieux.
- DANIELLE (surprise) : Hein !
Je voyais ses sourcils se froncer légèrement, une expression d'incompréhension sur son visage.
- DILANE : Écoute, même si ce n’était pas toi. Ça a été cool ces moments avec toi… Afin… Tu comprends... Je les ai tous appréciés, maintenant dire que ce n'était pas complètement toi, du coup, je ne sais pas si ça sera pareil maintenant.
Le regard énigmatique qu'elle m'envoya après mes dires semblait cacher des pensées profondes. Elle hésita avant de prendre la parole à nouveau.
- DANIELLE : Oui je comprends. Dit-elle en lui envoyant un regard déçu. Bon, je ne vais pas rester plus longtemps.
On se lève et je m’apprête à la raccompagner jusqu'au portail.
- DILANE : Oh attends. Tu devrais dire au revoir à ma petite sœur.
- DANIELLE : Bien sûr... Allons-y.
Après qu’elle lui a dit au revoir, je la raccompagne jusqu’au portail où elle stoppe un taxi, mais au moment de monter, elle se tourne encore vers moi et me dit :
- DANIELLE : Dilane, j'étais sérieuse tout à l'heure, tu sais, toi et moi, on pourrait rester proche et peut apprendre à se connaître maintenant. Dit-elle avec un sourire que je sens très sincère.
Je hoche simplement la tête en guise de réponse puis elle monte et s’en va. Je regarde pendant un moment le taxi s'éloigner, puis quand il est assez loin, je remonte rapidement dans ma chambre pour digérer tout cela.
- Whouaaaarrrh ! p****n ! p****n ! p****n ! p****n ! Arrh ! J’ai bien failli nous griller là (soupirant de soulagement). Junior ! En tout cas, ce qu'il a fait me rassure davantage qu’il ne pense plus que je vois Kaï-Lani. Mais pourquoi est-ce qu'elle n'est toujours pas revenue ? ça fait déjà plusieurs jours, au moins elle pourrait me donner un signe. Peut-être que je devrais aller voir ce qui se passe.
Je brûlais d’envie de revoir ma belle des profondeurs. Et cette nuit-là encore, je l’attendis.