Chapitre 10À mesure que Hrodbehrt avançait en âge, Chaline l’emmenait plus loin et plus longtemps avec elle lorsqu’elle partait en cueillette. À ses côtés, il avait appris à connaître, parmi mille herbes ou fleurettes, celles qui calmaient les douleurs, apaisaient les fièvres, cicatrisaient les plaies, absorbaient les infections, ranimaient les corps affaiblis ou les esprits abattus, celles qui se cueillaient à l’aube, encore humides de rosée et celles qu’on allait chercher au crépuscule, lorsque leur calice s’était refermé ; les fleurs au suc mortel qu’il ne fallait toucher qu’à travers un linge et les feuilles d’arbres à tisanes ; avant même d’avoir la force de déraciner une plante ou arracher une b***e d’écorce, il savait avec certitude quelles racines et quels arbres étaient bénéfiques

