L’épouvante les étreignit. Un mur noir, barrant l’horizon, avançait en silence, et de plus en plus vite, vers la côte : aussi haute que les Collines-aux-Ajoncs, semblant glisser sur la surface de la mer, c’était une muraille d’eau, une falaise liquide. D’abord muets de peur, les réfugiés crièrent et firent de grands signes d’avertissement, mais ils étaient trop loin pour être entendus ; quand bien même auraient-ils eu en mains un buccin, il était trop tard. Ils assistèrent impuissants à la catastrophe. Là-bas, sur le sable, quelques-uns, s’étant redressés pour se détendre le dos, se trouvèrent face au mur d’eau, qui avait déjà happé les plus éloignés ; dans la panique, les autres, lâchant leurs paniers, prirent leur course vers la plage, se bousculant, trébuchant dans le sable mouillé, pié

