XLVIUn homme vêtu de noir entra un matin dans la ville et alla frapper au palais de la Zinzolina. Les laquais lui dirent qu’il ne pouvait parler à la dame ; il insista. On tenta de le chasser ; il leva son bâton blanc d’un air impassible. Sa figure froide et son obstination firent peur à cette valetaille superstitieuse, qui le prit pour un spectre et se dispersa devant lui. Un petit page entra tout effaré dans la salle où Zinzolina traitait ses convives. Un abbatone, un abbataccio, disait-il, venait d’entrer de force dans la maison, frappant de son bâton ferré les gens de la signora, les porcelaines du Japon, les statues d’albâtre, les pavés de mosaïque, faisant un affreux dégât et proférant de terribles malédictions. Aussitôt tous les convives se levèrent (excepté un qui dormait), et

